30 août 2007
Le départ.
Je suis la tête dans mes cartons et seaux de javel. Vivement vendredi. Ou plutôt non, vivement dimanche. Parce qu’une fois les six heures de vroum-vroum faites il y aura le déballage des cartons (pour moi), et la construction des meubles (pour papa et Jonathan – puisque je suis certaine que tu en meurs d’envie). Voici la répartition des tâches dans ma petite tribu. Ça me fait penser à Mr Lémurien, mon prof d’anthropologie de première année. Alors là j’essaye de m’en souvenir mais je ne trouve plus ses mots qui étaient assez euh drôles. Il nous avait dit qu’il n’y avait pas de réelle division des tâches dans le couple, qu’il n’y en avait jamais eu, et que ce qui l’expliquait c’est que l’homme et la femme ont besoin d’être ensemble euh pour copuler (mh je devais papoter car cela ne veut rien dire). Ouais bon j’irai fouiller dans mes classeurs (ceux que John déteste parce qu’ils sont multicolores) pour retrouver la chose exacte.
Faire les cartons c’est long car je tiens a réécouter chaque CD que je trouve, à relire toutes les cartes postales, regarder les photos, … Je suis tombée sur des trucs carrément glauques et d’autres hyper émouvants. J’ai même pleuré devant des photos. Une nouvelle pièce (pièce n°372) a rejoint Melle Betty la journal encore intime, il s’agit de la lettre qui m’apprend que j’ai été acceptée aux appartements thérapeutiques. Je me souviens quand je l’ai ouverte le cœur battant. Et puis comme cela a été bénéfique pour moi. Même si j’ai eu des moments difficiles cette année, je sais que j’ai énormément avancé, que je me sens mieux, que je pars moins dans les extrêmes qu’avant. Parfois j’en ai voulu à la clinique, beaucoup. Parce que j’ai pas toujours été d’accord avec ce qu’on m’a dit là-bas, parce que je voulais qu’ils soient aussi parfaits que je voulais l’être et qu’ils n’étaient – comme moi – qu’humains. Mais il y a eu cette solution d’appartement relais. Qui m’a permise d’être aidée sans être dans une bulle (ou à la limite ma propre bulle, mon chez-moi). Je crois qu’avant tout, on m’a faite confiance. J’ai pu rencontrer une demoiselle qui n’a pas pu avoir d’appartement relais et j’ai pensé « pourquoi moi et pas elle ? ». Quand on m’a présenté l’idée j’étais hospitalisée et en grande crise. Je me souviens que je faisais quarante-deux kilos j’allais pas tarder à quitter la clinique et passais mon temps à pleurer car je pensais réellement être devenue obèse. Je vomissais dans le lavabo de ma chambre. Je criais « vivement que je me casse que je reperde ces kilos ! ». Je me souviens que c’est à cette époque qu’on m’a dit «Lara, on ne peut plus rien faire pour vous.» Je sais que j’étais inconsciente. Un jour une soignante nous avait dit « C’est trop dur de regarder des jeunes filles marcher vers la mort. » Les filles elles avaient toutes pleuré. Moi je ne m’étais tout simplement pas sentie concernée. Je crois que je ne comprenais plus rien. Un peu comme ces nuits où on dort, fait des cauchemars, se réveille, et qu’on ne parvient plus à discerner ce qui est réel, vrai. Moi j’avais de courts moments de lucidité durant lesquels j’avais peur, très peur. Le reste du temps… Et puis on me l’a proposé. Et on m’a dit « Mais il va falloir nous convaincre. » Il y avait donc cette opportunité de réellement changer quelque chose dans ma vie. Et cette phrase comme quoi j’étais déjà morte. C’était un défis. Un vrai défis. Et oui, j’ai marché. J’ai même couru. Je l’ai eu, et je m’en suis sortie pour l’avoir. Puis j’ai continué à m’en sortir parce que j’y avais pris goût.
Je suis allée faire l’état des lieux de sortie. En quittant l’appartement, j’ai remis les clés dans mon sac. La dame m’a dit « Hé ! ». Un sourire, puis je lui ai donné ses clés. Puis j’ai sagement attendu l’heure de la dernière permanence, à l’appartement 424. J’ai longuement discuté avec l’infirmière présente. De cet été, de ma relation aux autres, de mon futur psy (qui porte le même nom-prénom que le Dr qui a inventé le frottis ou je ne sais plus quoi d’ordre gynécologique. Autant vous dire qu’au début j’ai cru qu’il s’agissait de la même personne (et que de ce fait mon futur psy était mort d’après wikipédia)…) et puis c’est émue que j’ai dit au revoir et que l’infirmière m’a soufflé « Lara, j’ai confiance en vous. J’ai confiance. »
27 août 2007
C'est l'histoire d'une fille un peu perdue.
Aux fées,
A Claire,
(peut-être qu'un jour j'enregistrerai une chanson que j'aurais joué plus de trois fois (ou au moins fini de déchiffrer). J'dois adorer les trucs pas finis, mhmh.)
14 août 2007
UJJP
Je suis dans une maison sur une petite montagne. J'écris l'histoire d'Anne et de Marie. Je pense beaucoup à elles parce qu'elles ont déjà un sacré morceau de passé que j'essaie de rendre réel et en meme temps, suffisament loin de moi.
Parfois, je suis triste. Alors comme ce midi, je vais toute habillée sous mes draps, et puis je pleure un peu. Je cris "J'ai pas faim, je dors". Je réflechis. Puis je retourne avec eux. J'allume la bete. Et j'écris Marie et Anne. Déjà vingt-cinq petites pages que je connais par coeur.
En fin de matinée, les policiers sont venus. "bonjourno" "bonnnnnjourno". Là le monsieur s'est enflammé et j'ai rien compris. "euh. Francaise." Il m'a demandé si je parlais anglais. Alors je lui ai parlé en anglais. Il m'a alors dit "je cherche des anglais... vous etes seule ici?". J'ai dit oui. Visiblement il ne m'a pas cru car il a essayé d'avancer dans la maison et regardait partout autour. Des fois que mon papi et ma mamie se cassent en courrant? Ca m'a faite rire alors j'ai joué le jeu "c'est quoi le probleme? Ils sont perdus? (air innocent)" Ca l'a ennuyé. Il m'a redemandé ou etaient mes parents. J'ai dit "J'suis majeur". Il a tourné autour de la maison. Puis a appelé son collègue et ils sont remontés dans leur voiture. (Y a-t-il un couple d'anglais en cavale? J'suis HS au niveau de l'actualité. Rien lu depuis samedi..! )
Ce midi, quand j'étais triste, j'ai pensé à ma rupture n° trois avec Adrien. Je n'avais jamais eu aussi mal, partout, dans le corps. J'avais mes doigts ecrabouillés contre le carrelage et j'essayais de respirer de nouveau. Je me souviens de cette sensation de corps tout ouvert. Il y avait quelque chose de très douloureux qui me quittait par le nombril. J'éetais coupée en deux et je me perdais. Après ca, la blessure s'est referméee. Il y a eu un gros vide. Et puis j'ai souri de nouveau, les choses sont revenues.
Quand je suis arrivée à Paris, j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Alors que j'avais vécu des jours magnifiques qvec lui, tout à coup je ne voulais plus lui dire. Je ne savais pas encore, réellement. Parce qu'il ne m'avait pas dit que "oui tu as raison de ne pas avoir confiance en moi". Je me demandais ce que je foutais là. Comment j'avais pu etre aussi conne une fois de plus.
Nous avons fait l'amour, et je me suis sentie encore plus loin. Il était bizarre et je crois que je lui ai dit. "quelque chose ne va pas?". Sur le coup j'ai pensé que quelques heures plus tot une autre demoiselle devait etre sous ces meme draps.
J'avais perdu toute confiance. Je me demandais ce que je devais faire maintenant. J'avais mal pendant chacun de nos rapports. Je n'avais plus envie. Je n'ai pas l'habitude du mensonge. Parce que je dis toujours tout. Enfin pas le "tout pour blesser". Juste, je dis. Je fais aussi confiance aveuglement. Parce que quand on ne triche pas on pense rarement aux possibles trahisons de l'Autre. Et là je ne me reconnaissais plus.
Un soir il est rentré tard. Je l'avais attendu, avec toujours ces memes pensées. Je lui ai dit. Il m'a dit.
Je ne sais plus quel jour je suis partie. J'ai d'abord longtemps pleuré. Je me demandais comment j'avais pu etre aussi conne. Juste ca, d'abord, puis toutes sortes d'autres pensées.
Et puis j'ai repensé à la douleur que j'avais ressenti après Adrien, et je me suis dit que ce n'était pas meme un dixieme de cette bete qui m'avait devorée, qui me blessait de nouveau. J'ai repensé à après ces jours à pleurer. Je me souviens du jeans trop grand que je portais ce jour là. Avec un sweat noir que je n'avais jamais porté et n'ai d'ailleurs jamais porté depuis.
Dans le train, j'essayais de ne pas pleurer. Un garçon du wagon est venu me voir. Il devait avoir dix-sept ans et était habillé comme les garçons du lycée qui m'avaient frappée un jour. Il m'a dit salut. Puis en me montrant une boite de jeu il m'a dit "ca te dit une partie de uno?". J'ai souri. Je lui ai dit non merci. Puis j'ai pensé "je n'ai surement pas l'air aussi abattue que ca."
Après j'ai travaillé.
Puis j'ai décidé que dans mon appartement il me faudrait une balancoire. Alors j'ai reflechis à comment percer un plafond et récupérer la caution. Cela m'a occupée plusieurs heures. Finalement on a pris la voiture et puis on a acheté ma petite balancelle.
"Je mettrai des petites étoiles fluorescentes. Et puis mes guirlandes lumineuses. Mes coussins floppy. Oui voilà, et tout se passera bien. Quand je serai triste, j'irai d'avant en arrière et puis ca ira mieux."
Hier j'ai vu une vingtaine d'étoiles filantes. Je me disais qu'un jour peut etre, je regarderai ces morceaux qui prennent feu dans les bras de mon amoureux. Et je ne ferai alors aucun voeu, parce que je n'ai rien besoin de plus que d'etre amoureuse, que d'etre dans le coeur de quelqu'un.
* si je trouve un bout de wifi je posterai un peu d'Anne et de Marie. Là je decouvre une nouvelle version de clavier qwerty. desolée pour les fautes.


