Mon bouquet d'herbe.

Babsye

16 octobre 2007

Les heures.

Difficile d’écrire ma vie. Pourtant même si ces anecdotes ne sont souvent… que des anecdotes, je pense que c’est un bon exercice. D’écrire. Juste pour chercher ses mots, pour traduire sa vérité. Oui mais voilà, une journée c’est vingt-quatre heures. Et à Paris une journée c’est comme quatre heures en province. Le temps file, court. Jamais je ne l’avais vu passer si vite. Les week-end sont des après-midi, les heures de cours des secondes. Il est 22h32 et je n’ai pas encore soufflé depuis mon réveil. Vipère au poing vient de s’achever sur France 3. Je découvre sur le site de l’ESJ le commentaire de film. Me voilà avec 1h30 devant moi pour écrire ce commentaire (L’histoire du point de vue de Ferdinand dit Freddy) et répondre à trois questions. Rassurée : les questions j’ai assuré. Comme quoi il ne faut rater aucun détail. Ni le prénom de Kitty, ni le journal que lit Jean dans le train qui l’enmène à Paris, et ni la date du dernier réveillon que les deux plus grands enfants passent avec leur grand-mère.

Bientôt, ce sera la nuit. Après le commentaire de film, il faudra que je finisse d’éplucher Libé. J’avais prévu milles autres choses. Mais le temps, le temps…

Cela m’embête d’écrire moins, ici. Il faut dire que ma vie se déroule comme un cliché du monde parfait que je m’étais imaginé.

Je pense souvent à écrire. Parce que des fois c’est dur de ne garder ces… anecdotes que pour soi. Dimanche dernier, brunch sur la terrasse du Musée d’Art Moderne. Une dame assise non loin. Lunettes de mouche, jambes croisées et magazine sur la table. Sa fille arrive. Blonde, pantalon extra-moulant et rose genre « tagué », blouson ample, bottes. Des bisous, comment tu vas. Une demi-heure plus tard, le père. Costume, mallette, bises à la mère comme à la fille. « Alors, vous allez bien ? ». Ces quelques lignes, elles n’existent pas de là où je viens. Pourtant on a le net, des routes et du shampoing. Les choses sont différentes. Et je ne suis pas encore aveugle.

Ce matin, je traversais les couloirs de Châtelet pour rejoindre le A (et aller en cours). Un vieil homme était courbé en avant, se tenant au mur. Je ne me suis pas arrêtée. Je marchais plus vite encore que ces tapis roulant qui d’ailleurs étaient arrêtés ce matin. Et j’ai continué, j’ai marché. Je me suis dit que je ne voulais pas arriver en retard. Personne ne voulait arriver en retard. Les gens courent, ils ne courent pas, ils volent. Il ne faut pas s’arrêter. La minute ici, c’est des journées là-bas. Les pas sont toujours dirigés dans une direction. J’ai peur de devenir comme eux.

Lire sur la rambarde qui encercle le jardin du Luxembourg. Fermer les yeux et laisser le soleil brûler mes joues. Puis sous l’impulsion monter dans un bus, trois arrêts plus loin faire le code et me jeter dans les bras de mon amoureux. Retourner au jardin, tenter de se replonger dans ces outsiders allongés dans l’ombre fraîche, pour finalement préférer échanger des câlins.

La fac, leur vocabulaire. Impressionnée. Les cours de sociologie, d’anthropologie, les cours de danse, la découverte d’un cours de droit. Clichés, encore. Des Figaro sur toutes les tables de l’amphi, abandonnés. Des étudiants qui ne prennent pas de notes, qui font des mots croisés. Qui dorment. Le soir, j’ai dit à Baptiste : « On dit des apprentis sociologues que ce sont des « branleurs » (oui-oui) mais je n’ai JAMAIS vu quelqu’un dormir dans un amphi de socio… » Malheureusement à 17h aujourd’hui ma voisine en sociologie des idéologies politiques a dangereusement laissé tomber sa tête et… s’est endormie.

Je redécouvre les journées 10h30-17h30. Une heure de pause à midi. C’est étrange. A Grenoble une telle journée aurait signifié pas de cours le reste de la semaine.

Normalement c’était pour ma petite Claire, mais comme je raconte ma life ce soir…

Lundi : 9h-10h30 (TD Sociologie quantitative) (Après-midi : Test hebdomadaire d’actualité/français/cartographie de l’ESJ.) 19h30-21h (Danse Jazz)

Mardi : 10h30-12h30 (Sociologie générale : la post-modernité) 13h30-15h (TD Anglais) 15h30-17h30 (Sociologie des idéologies politiques)

Mercredi : 13h30-15h30 (TD Atelier de Lecture) 16h-18h30 (Danse contemporaine)

Jeudi : 10h30-12h30 (Sociologie culturelle) 13h30-15h (Analyse de la vie politique – UFR Droit) 15h30-17h30 (Sociologie de la déviance)

Vendredi : 8h30-10h (CM Sociologie quantitative)

23h dans cinq minutes… L’heure de commencer mon commentaire. Que du bonheur. En sociologie, tout le monde veut devenir journaliste. Rien que sur le TD d’anglais (où nous nous sommes présentés), nous étions onze et nous étions quatre à « vouloir devenir journaliste ». Je ne peux pas compter sur la chance, et je n’ai pas le destin avec moi. Juste l’ambition que j’essaye d’assumer, et mon désir, ma ténacité. J’ai conscience de préparer avec rigueur ces concours. D’en faire peut-être même trop (le peut-on seulement ?). Mais voilà je me sens toujours aussi nulle et incapable. Je n’ai pas leur langage, ni leurs familles & relations. Je n’ai que mes heures, précieuses, qui filent, qui filent. Si peu d’ici mars, si peu d’ici juin… vite, de l’air !

Posté par Babsye à 23:02 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"A Grenoble une telle journée aurait signifié pas de cours le reste de la semaine."
=======> Pas glorifiant mais tellement vrais. Des Bisous de ton ancienne voisine étudiante en soico sur Grenoble
Dommage qu'on ai jamais eu l'occasion de se faire "un truc" ...

Posté par Iman, 16 octobre 2007 à 23:46

Si toi tu ne fais pas quelque chose de grand plus tard, alors je comprends que dalle à l'être humain. Lara, tu es une fille extraordinaire, avec des capacités que tu ne soupçonnes pas à leur hauteur juste, avec une sensibilité rare et une intelligence très subtile. Tu réussiras.
<3

Posté par Laeti., 17 octobre 2007 à 00:00

Tu réussiras ma belle!....Tu as un style et une écriture si personnels qu'ils séduiront à coups surs...
Et puis pour avancer, évites si possible les comparaisons inutiles! Tu as ta vie, ton passé et ta culture, riches à coups surs!
Aies confiance!
Et bon courage pour la vie trépidante de Paris....on s'y fait!

Bisooooooo

Posté par Eliz, 17 octobre 2007 à 23:42

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