Mon bouquet d'herbe.

Babsye

31 octobre 2007

Roland n'est pas mort.

Mmmh... parce que cela faisait longtemps.
En premier, nous avons, nous avons, nous avons, le morceau pour quand je suis enervée (eh oui). Il me manque plus que l'accordéon pour la deuxième partie (et la fille qui chante faux).
Et ensuite, il s'agit de quatre minuscules mesures d'une musique magnifique qui n'est visiblement jouable que par des enfants chinois de sept ans grand max. (voir leurs prestations sur la u-tube machine.) Vous remarquerez bien sur ma main gauche qui fait du mouliné le reste de la partoche. Le pire c'est qu'elle est incapable de ne pas mouliner (triste vie). Un jour je lui apprendrai sa partie, c'est pro-mis.

Et de une :

Et de deux :

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28 octobre 2007

Pitoyable, c'était bien le mot.

Assise, les yeux arrivent au bout de l’article. Debout, subitement. Aller et venir. Jambes qui tremblent. S’écroule. Les yeux. Plein de larmes. C’est la peur de ce qui n’est pas arrivé. Ça dégouline. Tremblements. Envie d’appeler, de parler, mais que dire ?

J’ai préféré ne pas y croire, d’abord. Par fidélité, et parce qu’il faut se méfier des mythomanes, très répandus sur la toile. Quand j’ai lu qu’il ne plaidait pas coupable, là j’ai compris. Il ne nie même pas.

Douleur tout le long du ventre. Jambes contre mon ventre, comprimée, respiration saccadée. Je lui avais dit de venir chez moi. Je le prenais pour le contraire de ce qu’il est. Je me souviens lui avoir dit qu’il pourrait dormir dans mon lit qu’il n’y avait pas de soucis. Parce que comprenez : pour moi, c’était Le mec clean.

Il n’avais pas les sous. Il n’est pas venu.

Il y a un mois, il m’a proposé d’aller boire un verre. J’ai hésité. Puis dit non. C’était il y a trente jours, il écrivait : « je t'ai retrouvé, na. t'avais essayé de me semer, mais non on se débarrasse pas de moi comme cela. re na. »

« À chaque agression reprochée à l'homme arrêté la semaine dernière, le scénario se répète. Une fois dans l'escalier, l'homme se précipite, sort son couteau, menace, oblige sa victime à lui tourner le dos, le visage contre le mur avant de se frotter à elle frénétiquement… Et avant de repartir, il dérobe ce qu'il peut, sac ou bijoux. »

Il aurait pu se l’acheter son putain de four.

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Le temps, le livre et le cimetière .

Onze heures vingt-deux minutes. Assise sur le canapé. Cheveux en bataille, collants noirs et grand pull de Baptiste. Petits écoliers de Lu (ce n’est que pour les enfants) à ma droite, et une boucle d’oreille abandonnée à ma gauche. Sur le clavier du portable, une pièce de deux euro s’ennuie.

Onze heures vingt-quatre minutes. Réveillée depuis longtemps maintenant. Pourquoi personne ne me dit quand on change d’heure, hein, pourquoi ?

A sept-heure trente, son réveil a sonné. J’ai dit « mmmmh, non… ». Il a dit c’est huit heures trente, faut que je me dépêche.

Dans le métro je cherchais les horloges. J’ai lu huit heures. Arrivée à Nanterre, la grande horloge indiquait neuf heures et trente deux minutes. J’ai pensé que je n’y comprenais rien. Il paraît qu’ils ne sont juste pas très doués. Gorgée de café.

Onze heures vingt-huit. J’ai relu avec attention - cette fois - le mail de mon correcteur de l'école de journalisme. Tu as pris un angle récit intéressant. Je pense que cela pourrait être plus solide, un peu plus clair par moment ; notamment la conclusion ; bonne idée de parler du virage lecture/écran, mais une dizaine de lignes de plus auraient renforcé ton propos. Notamment pour bien exprimer ta pensée, contenue dans la toute dernière phrase…12/20 ou 13/20 (je précise que je suis l’un des six correcteurs du libre propos lors du concours ESJ ; nous sommes trois groupes de deux correcteurs, car chaque copie est lue deux fois, et même trois si il y a désaccord entre deux correcteurs ; relativement rares sont les notes supérieures à 12)

Je me dis que « c’est cool ». Je me dis surtout « alors ça va, en écrivant normalement, ça passe ». C’était un peu le test, pour moi. J’aurais pas trente-six essais pour ce libre-propos, mais encore maintenant je doute : non, non, je ne sais pas écrire, je n’aime pas ces mots compliqués que je trouve lourd mais qui veulent dire « je suis intelligente », ils ne sauront que ce que je ne sais pas.

* * * *

Jeudi, vingt-trois heures. Sur les champs, j’intègre une file d’attente. J’y resterai deux heures. C’est à minuit cinquante-sept minutes que je me dégage de cette file, attrape un coupon et file à l’intérieur du grand bâtiment. En bas des escalators, des caméras. De tous les côtés. Je prends vite un livre et vais vers les caisses, plongées dans le noir. Il n’y a qu’un prix ce soir. Il n’y a qu’un livre à la vente.

Une fois dans le petit sachet, je cours. Des gars me crient « Vite ! vite ! Harry Potter ! » je m’arrête, me retourne : « Non : maintenant, le RER ! ». Je déteste ces champs, sans fin. Lasse de courir, compressée dans mon corset, je m’arrête et descends dans le métro. Tant pis, je marcherai. Ligne une.

Une heure et dix minutes.

Une heure et vingt minutes, j’arrive à la défense. De long en large, je cherche un endroit où sortir. Angoissée, je fini par trouver. Me voilà au beau milieu du parvis de la défense, face à moi la grande arche. Je suis seule, absolument seule. Entourée des grands immeubles aux vitres reflétant d’autres grands immeubles. Je me répète « il faut juste que je traverse vers la gauche, juste. » Je marche. Mais il n’y a pas de passage, pas d’issue. Les bâtiments me semblent de plus en plus haut. J’étouffe. Je tourne en rond sur moi-même, non il n’y a pas de passage. Le silence. Puis des pas. Je vois un homme, un homme me voit. Puis enfile ses gants. J’hésite, je pense à ses gants, je me demande pourquoi il met ses gants. Encore, j’hésite. Puis désespérée : « S’il vous plait… » Il s’arrête, m’attend. Il est deux heures passées. Je porte des bas noirs, une jupe à froufrou, mon corset blanc et me suis exagérément marqué les yeux de khôl. « Voilà, je vais mourir. » Je m’avance vers lui. « Je suis perdue… ». Il me dit qu’il ne connaît pas l’endroit mais que… il rit… voilà vous êtes une fille. Je crois qu’il essaye de me dire que « ça craint ». « Je vais à l’Hôtel, je ne suis pas d’ici, venez avec moi, ils vous renseigneront. » Je le suis. Il me parle un peu me demande « vous êtes sure que vous êtes ici. » Je lui réponds que « bein oui je suis certaine… euh ». Je vois l’hôtel. Je vois l’entrée (ou ce que je prends pour l’entrée). Mais l’homme descend des marches. « …c’est en bas l’entrée ? » Il me dit que oui. Je marche maintenant tellement lentement qu’il est presque arrêté. Il hésite à se retourner. Je ralentis encore plus, et suis plus en mode « partir en courrant en sens inverse » que « avancer vers ce trou sombre ». Une indication sur le côté « cimetière de Neuilly ». Je me dis que cette fois-ci c’est vraiment fini. « Je suis morte. » J’ai envie de rire parce que je ne lirai jamais Harry Potter et que c’est fichtrement dommage de mourir pour Harry Potter. Soudain, une lumière. Je vois « Hôtel », je lis « entrée ». J’accélère. Je rejoints le (gentil) monsieur.

« Bonsoir madame, chambre machin chose. Vous voyez cette jeune fille ? elle est perdue, je suis sûr que vous saurez l’aider. Bonne soirée mademoiselle. » Après ça le gentil monsieur qui ne m’a pas tuée est monté dans un ascenseur.

Autour de moi, du doré et du blanc. Des porteurs de valises. Une petit plaque dorée « chambre : 1500 euro. » Elle me demande si je veux un taxi. Je lui dit que j’habite tout près, que je suis juste « coincée » sur la défense. Encore une demi-heure durant laquelle elle m’a offert cinq-six pages de plans photocopiés. En cherchant mon avenue : « vous êtes sûre que votre ville c’est Nanterre ? » J’ai l’impression de devenir folle. Mais bien sur que je suis certaine. Les immeubles, non les tours, les miroirs et le silence qui résonne. Je découvre que mon avenue débouche sur la grande arche. Il faudrait juste que je parvienne à passer derrière le gros bloc société générale. Je décide de partir après études de cartes. Cinq minutes plus tard, mon immeuble. Je n’avais jamais été aussi contente de le voir.

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25 octobre 2007

La question fondamentale du jour.

Lalala c'est moi Lara. Il est 21h43 et je suis épuisée. (Journée type lycée oblige!) Enfin fatigue il n'empêche je me pose une question hyper interessante ce soir : Vais-je aller à l'endroit_le_plus_proche_possible acheter mon petit_tome_sept? Le problème c'est que dans les faits l'endroit le plus proche c'est le Virgin des Champs-Elysées et je ne vous dis même pas comme j'ai pas envie d'aller sur les Champs. Je crois que je ne les ai d'ailleurs jamais traversés en entier tellement je trouve ça ennuyeux (et long). (je m'arrange pour descendre dans un métro à mi-chemin donc!)

Alors la grande question du soir  : est-ce que quand je descends à de Gaulle - Etoile je suis très proche du fameux Virgin ? (S'il est à l'autre bout, je n'irai pas pour minuit ohoh.)

Deuxième grande question qu'on pourrait appeler la question bis finale : y'a beaucoup de caisses au Virgin? Parce que j'ai pas envie d'attendre. (ouais).

En conclusion je précise juste : mon blog n'est toujours pas financé par Virgin (et op' : quatrième fois.)

Oh pour parler un peu ma_vie_en_ce_moment je dirais juste merci à Donald Duck, que je deteste mémoriser des noms propres, vive la quatrième république, j'ai rencontré le premier prof de socio à droite, en Licence de socio on nous a fait ce matin un cours sur "nous allons définir "norme" "valeur" "socialisation.. vous savez ce que ca veut dire?" dix minutes de plus et nous sautions tous par la fenêtre, y'a une fourmi dans ma chambre, penser à eteindre le piano avant de partir (yeah), j'veux du chocolat mais j'en ai pas (ma coloc si et ca me donne envie haaaa), je m'inquiete pour LittleFrench (très beaucoup), j'aime bien quand mon amoureux m'appelle "ma p'tite patate", hier soir dans le RER j'ai failli mourir parce que j'avais avalé un crocodile aribo de travers (bon j'arrivais plus à respirer j'etais penchée en avant et pleurais) et y'a deux jeunes que ca a fait rire_à_mort et pas qu'un peu ("ahah c'est trop fort le RER putain faut quje sorte j'en peux plus de rire blabla hahahahaha") (à ce moment même de la tirade j'agonise toujours). Enfin bref je vous deteste haaaaaaa.

Sinon ji triste, mon chapeau de sorcière est à Grenoble...

Op' op' si tout a l'heure photos ici c'est que j'ai combattu le froid, le mal de pied dans mes converses_à_paillettes, la longue marche aux Champs, et le parc de Nanterre désert la nuit_et_que_je_crois_toujours_que_l'homme_invisible_va_me_couper_en_deux (comme le métro la semaine dernière).

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22 octobre 2007

Le livre-propos.

J’avais cinq ans. Allongée sur le tapis grisâtre de la salle à manger, j’écoutais en boucle ma cassette audio préférée (forcément, du Dorothée) lorsque m’a mère m’a tendu un petit livre rouge, pas plus épais qu’un cahier mais plus fin qu’un livre. Sur la couverture étaient imprimés trois mots, dont un, très petit. Ma mère a alors lu pour moi : « J’aime lire ».

C’est ainsi qu’avant même de savoir déchiffrer ces étranges signes on avait décidé pour moi que j’aimais lire. 

Lire. La première phrase lue. Qui ne s’en souvient pas ?!  Peut-être que comme pour moi, votre première fut : « Julie et julien jouent dans la cour de récréation. » Le triptyque et fascinant sujet-verbe-complément. La lecture à voix haute, le tourbillon dans le ventre, le souffle qui s’envole et les lignes qui se mélangent. Puis le « livre préféré », qu’il faut forcément avoir.

De l’apprentissage s’en suit souvent le goût, la passion, voire la boulimie de l’objet. Le goût, c’est lire. Et… avec bon goût, si possible. La passion, c’est la lecture. Le lire tout. Petit déjeuner, paquet de céréales sur la table, des glucides pour carburer dès le matin…la force du tigre…maïs, sucre, carbonate de calcium, les céréales de Tony Parker…A pied, les 9 jours de Monoprix deux euro cinquante-six les chaussettes chez Carrefour les pompiers : aller en enfer vous chercher et revenir Midas au prochain feu à droite. Les mots s’entrelacent, l’imagination s’en mêle, et le message premier reste bien fixé. La boulimie de l’objet, c’est le livre. Ce livre qui m’a protégée adolescente. Ce livre, non : cette pile de livres, que je serrais contre mon ventre, pleine de méfiance, dans les couloirs du lycée. Ce n’étaient plus les mots qui me captivaient, mais les couvertures épaisses, les pages jaunies, et l’odeur du papier. Ces livres, que pour beaucoup, je n’ai jamais lus. Le livre.

Le livre, il m’a quittée. Brusquement. J’ai découvert le http://, et j’ai oublié le livre, j’ai oublié cette lecture, j’ai oublié ce lire. Rien n’avait vraiment changé si ce n’est le support. J’ai continué à lire, durant près d’un quart de ma journée, rivée devant mon écran. La main droite glacée, les fourmis dans les jambes, et en ne tournant que rarement de véritables pages, je lisais. Je lisais, et parfois même, de « véritables livres ». On m’a alors dit : « Ces jeunes, branchés sur Internet, ils ne lisent plus. Je t’assure, c’est vrai, c’est les statistiques qui l’ont dit ! ».

Dix ans plus tôt, un invité avait dit lors d’un Journal Télévisé : « S’ils préfèrent lire des bandes-dessinées, pourquoi pas. Du moment qu’ils aiment lire. » Il y aura toujours bonnes et mauvaises lectures, tant qu’il y aura des lecteurs.

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20 octobre 2007

Entre les lignes.

Me voici à Grenoble, un peu sur un coup de tête, beaucoup parce que j’en avais très envie. (et allons-y même pour : besoin). Quel plaisir de quitter le ciel gris de paris pour les montagnes, les grands espaces et un ciel bleu, bleu et…bleu.

Enfin, un peu plus tôt, mercredi soir j’étais comme beaucoup de gentils banlieusards dans le RER A de 23h et quelques, en direction de Paris. Moi j’allais rejoindre mon amoureux, et eux je ne sais pas. Mais je me suis mise à imaginer qu’ils allaient se trouver un coin de trottoir à la capitale histoire de pouvoir aller travailler le lendemain. A la station de l’Etoile, je monte dans ma ligne préférée et sors de mon sac la demoiselle Le Wita. Un vrai exercice en temps réel. Je lisais ses descriptions de comment-c’est-un-bourgeois et en même temps j’avais l’exemple parfait assis face à moi. Le collier de perle, les petites chaussures, le foulard, tout collait. Qu’est-ce qu’on s’amuse dans le métro ohoh. La dame est descendue à Passy où sont montées une trentaine de jeunes anglaises en furie. J’ai rangé mon livre et regardé la vie dans les grands immeubles qui bordent la ligne.

Un jeudi en amoureux.

En fin de journée je dis donc à Mr B. « bon j’vais prendre le A ». Et là surprise : il y en a zéro. Oui, oui pas même un. Le lendemain, au téléphone avec ma mère je lui ai dit « non mais maman la grève des transports à Paris ça n’a rien à voir avec Grenoble, c’est trop bizarre. A Grenoble c’est selon qui veut ou ne veut pas faire grève qu’il y a ou non un bus, un tramway. Mais là ils mettent tous les conducteurs sur genre 3 lignes qu’ils ont choisies. Alors les RER que dalle. »

Rien de tragique, au contraire, une nuit de plus à préférer lui faire des bisous plutôt que dormir.

Enfin, le vendredi, il est temps de partir. Il est dix heures et il me reste une des douze heures pour rentrer vite prendre ma petite pilule que j’aurais du prendre onze heures plus tôt. Je m’en vais donc à la station de métro, bien embêtée par l’idée q’un Bryan ou une Cindy soit en ce moment même entrain de germer dans mon ventre.

Un premier Mr RATP a alors tenté de m’aider. « Non, non, non… toujours pas de A… oh lalala. Il faut que vous m’aidiez, je vais à Nanterre préfecture, il me faut le moyen le plus rapide pour y aller j’ai un euh, un traitement à prendre de toute urgence sinon ça va aller très mal. » Bon sur le coup ça fait très « je suis diabétique » mais comprenez, la vie à deux me convient parfaitement. Alors le gars me dit « Bon vous montez dans la 6 direction nation, vous descendez à Bercy, vous prenez la 14 direction St Lazare puis à St Lazare le train je-sais-pas-quoi qui va à Nanterre. » Visiblement le Mr RATP a un petit problème de lecture car ce train ne va pas à mon arrêt (mais à la Défense). Enfin je m’engouffre dans le 6.

Dans le métro je me pose des questions existentielles telles que « Est-ce que ces gens savent que je ne porte pas de culotte sous ma jupe ? » (bein oui j’avais pas prévu l’exemplaire du vendredi). Dans la 14 je décide de descendre à la Gare de Lyon. Je croise une gentille dame SNCF qui me montre que mon train de 16h04 fait partie des trains qui seront en « activités ». Je dis « youpi-merci », je retire mon billet et monte dans la ligne 1. Ah non je vous la refait : j’entends la ligne 1 qui arrive, je cours et je me jette dedans. Enfin je jette la moitié de mon corps dedans l’autre se faisant broyer à l’extérieur. Heureusement une demoiselle m’aide à forcer la porte et mon corps est toujours 2 jambes, 2 bras, 1 tête. Formidable, formidable.

Je m’assois par terre dans un coin et commence la grande traversée.

La Défense, je traverse le hall, vais jusqu’aux lignes de bus. Et alors là fabuleux, mon bus est le seul qui ne circule pas. Mon deuxième sauveur me dit de prendre la ligne 258 blablabla. Je vais me planter devant la porte 258 et là que vois-je : le bus arrive dans 35 minutes et il y a déjà environ 50 personnes plantées devant la porte et surtout, bien 200 dehors qui guette l’arrivée du bus. Moi je vous le dis : faites toujours grève. Parce que 200 personnes au milieu d’une route qui vous attendent les bras croisés ça fait trop peur.

« Mr RATP c’est encore moi… Euh écoutez je sais que j’habite vraiment tout près, là le bus ça va pas l’faire. Vous pouvez m’indiquer le chemin à pieds… ? » Un homme formidable ce Mr RATP. Il est allé avec moi hors de la station et m’a dit « tout droit, rond point de (?), à gauche et c’est là. Vous en avez pour pas même quinze minutes. »

Je commence donc ma grande marche. Je suis pas coiffée, je porte pas de culotte, j’ai la même jupe depuis maintenant 2 jours, j’ai mangé trop de gateau au chocolat et : JE VEUX RENTRER CHEZ MOI.

Au milieu de la « très grosse route », une voiture se met à klaxonner comme un fou. C’est un jeune alors je trace (je vous rappelle que je suis de mauvaise humeur, roh.) Il klaxonne encore plus fort. « Oui ? » « Je cherche le rond point de « la bergère » (je crois) ». « Je sais pas, je connais pas je crois que c’est tout droit ». Et là il démarre. Grand moment de lucidité « Non je vous en supplie attendez-moiiiiiiiiiii. J’peux venir avec vous à la Bergère ? » « Euh, c’est une voiture de la mairie, mais montez ! ». Merci Mr mon sauveur n°3, et désolée je pouvais pas savoir que Mr votre patron serait au rond point de la Bergère. C’était assez drôle en fait, en descendant de la voiture je vois donc que c’est une voiture de fonction de la mairie de Puteaux. Et juste quand je descends, un homme et une femme s’avance vers la voiture : « Vous voilà enfin ! ». Bon et bien on ne m’a jamais autant dévisagée. Je crois qu’ils ont pensé qu’on était un couple. La fille m’a fait un petit sourire à la « alors c’était bien ? ». Moi je suis limite partie en courant.

Rue des rosiers, mon avenue, mon immeuble. Enfin. J’avais jamais été aussi contente de le voir. Il est onze heure et quarante minutes. Cela fait donc une heure quarante que je suis partie de chez Baptiste. (ouais, quand même…)

Pilule, vaisselle de la coloc’, valise, douche, sanduich, gâteaux, et je repars direction la Gare de Lyon. Maintenant je connais le chemin et effectivement le terminus du métro est tout près.

Quatorze heures et trente quatre minutes, j’arrive au sommet de l’escalator, gare de Lyon. Je regarde l’affichage des trains. Aucun train ne part plus à 16h04. En direction de Grenoble il n’y a qu’un train, à… quatorze heures trente quatre. Alors bon, je cours. Pas grave je commence à avoir l’habitude. La voix crie « Voie G, en direction de Grenoble…Attention, fermeture automatique des portes. » Et là je me jette à l’intérieur. Le wagon de gentils grenoblois explose de rire « ah ah vous pouviez pas faire pire ! Vous êtes sure que c’est le bon train ? » « Euh j’en sais rien, c’est bien Grenoble ? » « Mais oui ma petite dame. » « Ouf. »

Un miracle fait que j’ai même une place assise. « allo Papa ? euh finalement j’arrive à 17h30 enfin j’en sais rien… je sais pas si on va mettre trois ou quatre heures pour arriver… Bref je te tiens au courant. »

Un contrôleur usurpateur passe. Je l’ai démasqué oh-oh le faux contrôleur. Je lui ai tendu ma carte 12-25 et mon billet. Alors d’abord il regarde la carte. Puis le billet. Il composte le billet. Puis re-regarde la carte et. Et oui-oui, il composte ma carte 12-25. Je lui dis « euh… vous venez de composter ma carte là… » Il me dit « bein oui, je composte, moi. » Et part. (sans contrôler mon voisin de siège que visiblement il a pris pour ma carte 12-25). Enfin bref heureusement que d’habitude ce sont des vrais qui vérifient les billets sinon dans 3 mois ma carte c’est du gruyère.

Je m’endors. Réveillée par un « ding dong doug. La personne très malade dont nous vous parlions tout à l’heure va de plus en plus mal. Nous allons donc nous arrêter à Lyon, veuillez ne pas sortir du train s’il vous plait. » Comme je venais de me réveiller j’ai cru que c’était le conducteur qui était malade et qu’on allait évacuer. Mais on m’a dit que « mais non ! c’est un voyageur ». (« ouf »).

Je suis dans un wagon de seize personne dont 12 n’arrêtent pas de parler de leurs vacances respectives. (franchement ça donne pas envie d’être à la retraite plus tôt, ni à la retraite tout court). « oh oui la côte d’azur, formidable Nice, oh lala et les montagnes ce week-end magnifique, formidable ! allons pêcher ! oui formidable! ». Enfin l’événement n°1 à ce moment du trajet c’est quand même la personne qui vient d’être évacuée du train. « Oh oh il a du trop boire. » Il se trouve que les 12 pensent que la personne évacuée est quelqu’un du wagon qui est parti du wagon (donc) il y a un certains temps. « Ouais il avait pas l’air bien net lui… » « ah ah ah pas net, oui ». Mais voilà que dix minutes plus tard, Mr Georges (appelons-le ainsi) revient. « Oh ! Nous avons cru que… que vous étiez le sauveur de la personne malade ! » « Hein ? non, j’suis parti boire un café… » => « AHAHAHAHAHA ».

Bref que d’aventures. A 18h, enfin la gare de Grenoble, la voiture de ma maman, puis, ma maman…

« On va quand aux châtaignes ? »

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17 octobre 2007

Ma première tentative de commentaire de film.

Minuit trente et une minutes. J'étais censée finir mon commentaire. Je ne l'ai pas commencé "pour-du-vrai". Je tente de comprendre l'énoncé (eh oui). "Après avoir visionné le film "vipère au poing" racontez-en l'histoire à travers le regard de Ferdinand, dans un récit de mille mots maximum". Pas évident quand on sait que tout le film est sous le point de vue (et des actes surtout...) de l'autre fils : Jean. Alors quoi, hé?

C'est le moment où il est question de faire quelque chose des fameuses "notes"...

Deux heures plus tard. Mon commentaire de film. Je l'envoie demain matin à mon correcteur si quelqu'un se sent d'une critique avant huit heures de matin... Je suis un peu déçue car pour le moment je ne respecte pas la consigne : je suis à 1500 mots. Je n'arrive pas à racourcir le récit. Enfin Bref.

Au réveillon de 1926, je reçu de ma grand-mère un vrai pantalon d’homme tandis que Jean mon cadet se vit offrir un arc et des flèches. Ma tante Thérèse était présente. Celle-là même qui nous défendait de prier pour notre mère, alors en Indochine avec notre père. Je ne pensais alors pas qu’il s’agissait du dernier noël avec ma grand-mère.

Moi, je suis Ferdinand. L’aîné. Et l’ « homme de la maison », jusqu’au retour de mon père et de cette nouvelle famille qu’il rapporta avec lui. On m’appelle aussi « Freddy » pourtant les surnoms c’est plutôt mon affaire. A chaque nom, un surnom, telle pourrait être ma devise.

Peu après noël, grand-mère mourût. Devant son lit, je tentai de retenir mon émotion. Jean lui, pleura beaucoup. Entre deux hoquets il me parlât d’une histoire de chocolat qu’il avait croqué et me dit qu’il était donc le meurtrier de grand-mère. Je crois surtout que Jean a toujours eu beaucoup d’imagination. Et c’était encore un enfant.

Après la mort de grand-mère nous fûmes – Jean et moi-même – inscrits dans une école de Jésuites. Mais cela ne dura pas car notre mère n’allait pas tarder à surgir dans notre vie et à écrabouiller le peu que nous avions déjà construit.

Je me souviens de la gare. Du bloc que nous formions avec Jean, Thérèse. Bien en rang nous attendions. Toute la nuit précédente nous avions tenté de nous rappeler, avec Jean ce que cela faisait d’avoir une mère. Mais la première vision de notre mère fut son talon qu’elle nous planta devant le regard pour la laisser sortir du train sans accolades aucune. Après ça nous apprîmes, comme nous aurions pu apprendre le nom d’une nouvelle espèce de mouches, que nous avions un autre frère. Marcel, qui devint « Cropette » sur mon idée. Le benjamin.

Le château, accueillant, où nous avions vécu jusqu’à présent se mutât alors en une bâtisse de désespoir. Nous enfants, ne devions jouir d’aucun privilèges. Le poêle nous fut retiré, nos oreillers et affiches confisqués, et les quelques rares objets et bibelots que nous possédions, saisis par cette nouvelle mère qui visiblement ne voulait pas en être une. Ma mère, je l’ai toujours connue avec ses coiffures strictes et aplaties sur sa tête, ses grands manteaux, son air hautain et distant, ses chapeaux visés sur la tête. Je ne sais pas si je l’ai aimée ma mère, si je l’ai seulement connue. Que savais-je finalement d’elle, lorsqu’elle est morte des années plus tard…des années trop tard ?

C’est au cours de l’un des premier dîner que nous avons passés ensemble qu’elle nous annonçât qu’en raison de leurs problèmes financiers, le chauffage serait coupé, et surtout, que nous n’irions plus – Jean et moi – au collège de Nantes où notre grand-mère avait tenu à ce que l’on soit inscrits. De plus, à table l’anglais devînt la langue d’usage, et les menus, modifiés. Le chocolat chaud du matin nous fut interdit, mais Cropette par contre en avait encore « besoin ».

Les repas devinrent des moments angoissants, répétitifs. Un soir, alors que je me tordais de douleur à cause d’une consommation excessive de haricots rouges - conseillés par notre mère - notre relation se dégrada de manière irrémédiable. Tandis qu’elle voulait m’obliger à avaler une huile infecte, je lui recrachai tout dessus ce qui provoqua sa colère, ses coups, puis l’indignation de Mme Shelton, impuissante, qui démissionna sur le coup, elle qui vivait depuis six ans avec nous. Mais comme rien n’échappe à Jean, celui-ci profita de ce court instant de panique pour substituer la clé de l’armoire qui renfermait tous nos objets confisqués et les nourritures interdites pour en faire un double.

Un soir, alors que nous vociférions sur notre mère, la qualifiant de « folle » et de « cochonne » nous décidâmes de la rebaptiser « Folcoche ».

Jean vécu cette période d’une manière bien plus violente que moi. Il m’avoua ne plus croire en Dieu. Car s’il avait aimé le Dieu de grand-mère, il détestait celui que nous présentait notre mère. C’est à ce moment qu’un nouveau professeur arriva au château : le prêtre polonais Mr Volitza, en provenance directe d’Afrique. L’arrivée de ce nouvel enseignant provoqua l’un des rares moments privilégiés que nous partageâmes avec notre père : une partie de chasse, entre hommes. Je me souviens du lièvre que mon père tua, de mon admiration pour cet homme pourtant si renfermé, qui se cachait derrière des collections de mouches et ma mère. En rentrant il affronta pour la première fois notre mère « Quand vas-tu nous fouttres la paix ! ». Ces mots ne furent pas sans conséquences. Pour la première fois ma mère leva la main sur Marcel, puis tenta d’approcher Jean que je tentai protéger. Non sans échec. C’est armée d’un torchon que notre mère frappa Jean. Cet enfant qu’elle semblait haïr le plus.

Les jours qui suivirent, les arbres de notre domaine furent couverts de gravures « VF ». Jean m’avoua être à l’origine de ces gravures qui signifiaient « vengeance Folcoche ». Cette idée de vengeance il ne l’a jamais assouvie, je crois. Longtemps il souhaita la mort de cette mère qui avait décidé de noyer notre enfance. Si des enfants se construisent sur l’amour de leur mère, Jean lui s’est construit sur la haine de cette mère qu’il ne comprenait. Avec Cropette nous l’avons accompagné dans ses vengeances. Nous pensions que Dieu ferait le sale boulot pour nous. Jean avait même proposé de « vendre son âme à Dieu » et de devenir curé ou au moins croyant si celui-ci tuait pour nous Folcoche. Mais visiblement sa prière ne fut pas entendue.

Le monde dans lequel je grandi est un monde faussement bourgeois qui n’a plus que son image, son apparence pour survivre parmi les siens. Je me souviens de cette réception que nos parents organisèrent et du seul costume qu’ils avaient pu nous acheter, à nous trois. Les deux tiers de la soirée passés en sous-vêtements au grenier, le dernier tiers avec ce costume trop petit qui laissait entrevoir mes chevilles, mes poignets.

C’est lorsque ma mère fît une nouvelle crise que je compris que si mon père aimait cette femme rêche c’est parce qu’autrefois elle avait été autre. Que sa méchanceté était en lien directe avec notre présence à nous, ses enfants. Ce jour là, alors que ma mère paraissait dormir, mon père nous a glissé « Elle est mieux sous son masque ». Cette femme qu’il épousa n’était alors pas une « Folcoche ». Il l’avait aimée et l’aimait sans doute encore. Durant l’hospitalisation de ma mère je vécu le deuxième moment privilégié de ma vie avec mon père : un vrai repas de famille. Un repas avec des serviettes nouées autour du cou, du beurre sur la table, et nos rires, surtout.

Après la guérison de notre mère, la lutte acharnée de Jean – que nous suivions Cropette et moi – reprit de plus belle. Nous fondâmes un mini Etat et jurâmes de rester fidèle car « Un pour tous, tous pour un ! ».

Folcoche loin d’être dupe nous proposa à Jacques, Jean et moi-même de partir à Nantes chez Thérèse pour en fait nous éloigner de Marcel. Nous ne nous fîmes pas prier et le lendemain chargions la voiture de nos bagages.

Je profitai de ces vacances à Nantes. Des chocolats chauds le matin, du golfe en journée, des soirées le soir. Mais Jean lui ne parvenait pas à se détacher de Folcoche. Je me souviens de lui avoir lancé un « on dirait que tu ne peux pas t’en passer ! » Jean ne vivait qu’à travers sa haine. Une haine indescriptible qui cristallisait sans doute cet amour impossible pour cette mère qu’il avait tant rêvée, idéalisée. Il me confia en un souffle « Je suis elle. Elle est moi. »

A notre retour de Nantes, la guerre s’intensifia. Nous décidâmes par conséquent, sur l’idée de Jean, d’attaquer Dieu qui après tout ne nous avait jamais été d’aucun secours. La chapelle du domaine nous servit d’exutoire et je me souviens de cette nuit comme de l’un de mes meilleurs souvenirs avec mes deux frères. Uriner sur les livres religieux, voler les hosties, tout saccager. C’était pour moi l’expression d’un enfant qu’on avait empêché de jouer.

Après ça et les menaces d’incarcération en colonie pénitentiaire, Jean proposa d’aller plus loin dans la « lutte contre Folcoche » : il fallait la tuer. J’acceptai alors de montrer mes fesses pour créer une diversion ou encore de monter dans une barque afin de noyer Folcoche. Mais aucun plan n’atteignît son but.

Ce soir là mon frère me chuchota « A mon tour, je suis devenu bourreau. » Puis il partît. Je ne sais pas où. Mais peu de temps après il revint. Changé. Encouragé par Folcoche, mon père accepta de le laisser quitter le domaine. En me disant au revoir mon frère serra les dents et me dit en désignant le vague « Ce sont eux, les monstres. »

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16 octobre 2007

Les heures.

Difficile d’écrire ma vie. Pourtant même si ces anecdotes ne sont souvent… que des anecdotes, je pense que c’est un bon exercice. D’écrire. Juste pour chercher ses mots, pour traduire sa vérité. Oui mais voilà, une journée c’est vingt-quatre heures. Et à Paris une journée c’est comme quatre heures en province. Le temps file, court. Jamais je ne l’avais vu passer si vite. Les week-end sont des après-midi, les heures de cours des secondes. Il est 22h32 et je n’ai pas encore soufflé depuis mon réveil. Vipère au poing vient de s’achever sur France 3. Je découvre sur le site de l’ESJ le commentaire de film. Me voilà avec 1h30 devant moi pour écrire ce commentaire (L’histoire du point de vue de Ferdinand dit Freddy) et répondre à trois questions. Rassurée : les questions j’ai assuré. Comme quoi il ne faut rater aucun détail. Ni le prénom de Kitty, ni le journal que lit Jean dans le train qui l’enmène à Paris, et ni la date du dernier réveillon que les deux plus grands enfants passent avec leur grand-mère.

Bientôt, ce sera la nuit. Après le commentaire de film, il faudra que je finisse d’éplucher Libé. J’avais prévu milles autres choses. Mais le temps, le temps…

Cela m’embête d’écrire moins, ici. Il faut dire que ma vie se déroule comme un cliché du monde parfait que je m’étais imaginé.

Je pense souvent à écrire. Parce que des fois c’est dur de ne garder ces… anecdotes que pour soi. Dimanche dernier, brunch sur la terrasse du Musée d’Art Moderne. Une dame assise non loin. Lunettes de mouche, jambes croisées et magazine sur la table. Sa fille arrive. Blonde, pantalon extra-moulant et rose genre « tagué », blouson ample, bottes. Des bisous, comment tu vas. Une demi-heure plus tard, le père. Costume, mallette, bises à la mère comme à la fille. « Alors, vous allez bien ? ». Ces quelques lignes, elles n’existent pas de là où je viens. Pourtant on a le net, des routes et du shampoing. Les choses sont différentes. Et je ne suis pas encore aveugle.

Ce matin, je traversais les couloirs de Châtelet pour rejoindre le A (et aller en cours). Un vieil homme était courbé en avant, se tenant au mur. Je ne me suis pas arrêtée. Je marchais plus vite encore que ces tapis roulant qui d’ailleurs étaient arrêtés ce matin. Et j’ai continué, j’ai marché. Je me suis dit que je ne voulais pas arriver en retard. Personne ne voulait arriver en retard. Les gens courent, ils ne courent pas, ils volent. Il ne faut pas s’arrêter. La minute ici, c’est des journées là-bas. Les pas sont toujours dirigés dans une direction. J’ai peur de devenir comme eux.

Lire sur la rambarde qui encercle le jardin du Luxembourg. Fermer les yeux et laisser le soleil brûler mes joues. Puis sous l’impulsion monter dans un bus, trois arrêts plus loin faire le code et me jeter dans les bras de mon amoureux. Retourner au jardin, tenter de se replonger dans ces outsiders allongés dans l’ombre fraîche, pour finalement préférer échanger des câlins.

La fac, leur vocabulaire. Impressionnée. Les cours de sociologie, d’anthropologie, les cours de danse, la découverte d’un cours de droit. Clichés, encore. Des Figaro sur toutes les tables de l’amphi, abandonnés. Des étudiants qui ne prennent pas de notes, qui font des mots croisés. Qui dorment. Le soir, j’ai dit à Baptiste : « On dit des apprentis sociologues que ce sont des « branleurs » (oui-oui) mais je n’ai JAMAIS vu quelqu’un dormir dans un amphi de socio… » Malheureusement à 17h aujourd’hui ma voisine en sociologie des idéologies politiques a dangereusement laissé tomber sa tête et… s’est endormie.

Je redécouvre les journées 10h30-17h30. Une heure de pause à midi. C’est étrange. A Grenoble une telle journée aurait signifié pas de cours le reste de la semaine.

Normalement c’était pour ma petite Claire, mais comme je raconte ma life ce soir…

Lundi : 9h-10h30 (TD Sociologie quantitative) (Après-midi : Test hebdomadaire d’actualité/français/cartographie de l’ESJ.) 19h30-21h (Danse Jazz)

Mardi : 10h30-12h30 (Sociologie générale : la post-modernité) 13h30-15h (TD Anglais) 15h30-17h30 (Sociologie des idéologies politiques)

Mercredi : 13h30-15h30 (TD Atelier de Lecture) 16h-18h30 (Danse contemporaine)

Jeudi : 10h30-12h30 (Sociologie culturelle) 13h30-15h (Analyse de la vie politique – UFR Droit) 15h30-17h30 (Sociologie de la déviance)

Vendredi : 8h30-10h (CM Sociologie quantitative)

23h dans cinq minutes… L’heure de commencer mon commentaire. Que du bonheur. En sociologie, tout le monde veut devenir journaliste. Rien que sur le TD d’anglais (où nous nous sommes présentés), nous étions onze et nous étions quatre à « vouloir devenir journaliste ». Je ne peux pas compter sur la chance, et je n’ai pas le destin avec moi. Juste l’ambition que j’essaye d’assumer, et mon désir, ma ténacité. J’ai conscience de préparer avec rigueur ces concours. D’en faire peut-être même trop (le peut-on seulement ?). Mais voilà je me sens toujours aussi nulle et incapable. Je n’ai pas leur langage, ni leurs familles & relations. Je n’ai que mes heures, précieuses, qui filent, qui filent. Si peu d’ici mars, si peu d’ici juin… vite, de l’air !

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15 octobre 2007

Un week-end loin de Paris.

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…Vendredi soir, à Saint Lazare « Baptiste, t’es où, je te vois pas… moi je suis vers les guichets » « moi aussi ». Après une course guichet-train, nous avons embarqué. Direction Deauville. Puis Cabourg.


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Un Week-end le sable dans les baskets le Grand Hôtel la Boum 2 ou Proust les crêpes pour quinze personnes de Baptiste la tapisserie années 60 les mouettes l’enfant qui s’enterait les pieds et la mouette qui l’imitait ma valise à roulettes les bisous sur le sable le sable dans les cheveux le sable dans la culotte les grosses couvertures en laine le begonia que j’ai déraciné dès mon arrivée le balcon qui rend gris un ciel bleu son sourire son gros pull blanc ma culotte rose et verte son odeur nos calins…

… je suis amoureuse.

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Posté par Babsye à 13:24 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2007

Il fait chaud sous le radiateur.

Ma première journée de cours s’est avérée être un faux départ. Oui, les TD ne commençant que la semaine prochaine, j’ai passé une nuit-insomniaque, je me suis levée à 7h (soit une heure et demi pour se préparer – oui il faut voir large le jour de la rentrée), j’ai pris un doliprane et j’ai tremblé en poussant la porte de la fac (pas celle où il y a les vigiles, celle d’à côté) : tout ça pour rien.

A 9h30 je prenais le RER dans l’autre sens : retour appartement. Une fois arrivée dans ma petite chambre, j’ai allumé la bête et découvert « le travail par correspondance ». Je me dis qu’heureusement que je vais à la fac, parce que je suis trop excessive pour travailler seule. Ou alors c’est la fac qui n’arrive pas à me mettre à son rythme-poubelle. Il est 17h50 et je viens de finir « mon travail par correspondance du jour ». Cela fait donc très exactement huit heures que je suis sur ma préparation à l’ESJ. Au programme aujourd’hui, cartographie du Proche-Orient, villes du Darfour, de l’Irak, ainsi que les pays des alentours, test d’actualité hebdomadaire, test de langue, et synthèse de soixante pages d’articles sur les OGM. Bien entendu je suis entrain de sautiller sur le canapé en écrivant ces quelques lignes parce que je ne me suis pas encore permis d’aller faire pipi.

Le problème de la fac tient en deux - euh – problèmes. Premièrement, ce n’est pas assez rapide. Autrement dit, on pourrait étudier le contenu d’une licence entière en un an si on nous offrait assez d’enseignants pour un rythme similaire à celui d’une prépa, par exemple. Deuxièmement, les partiels sont trop courts. On en revient au problème majeur : la France est trop pauvre pour surveiller nos amphis durant plus de 2h. On se retrouve donc à faire des QCM (ça c’est pour les malheureux étudiants en psychologie principalement), ou à écrire des définitions (mon premier partiel de ma vie. Un grand traumatisme j’ai eu l’impression d’avoir débarqué au pays Gogol.)

Si je garde le rythme jusqu’à mars au moins pour certains concours, juillet au mieux pour d’autres et que je plante le tout, je ne pourrais m’en prendre qu’à mon capital génétique. Et toc.

Sinon aujourd’hui c’est jour de fête pour mon amoureux (et donc pour moi, oui-oui). Voilà, je suis heureuse, je suis amoureuse, je suis heureuse, je suis amoureuse, je suis heureuse…

Posté par Babsye à 18:07 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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