23 novembre 2007
Deux ans que tu me manques.
22 novembre 2007
Le pacte.
Ça respire fort dans le creux de mon ventre. Il y a un grand vide. Je suis absente, loin. J’ai le corps en compote. De la compote c’est la seule chose qui passe. Trois-cent grammes depuis lundi. Et puis de la tisane. Parce que j’ai une amie avec moi, à chaque sachet. Loin.
Je rentre, il fait nuit. Je me déshabille, balance, douche. L’eau dégouline. Contre, mon visage. Je me frotte les joues. Les mains en sang. C’est le nez. Lui aussi il me fait des miettes. A chaque fois j’ai ce titre en tête. Le cœur sous le rouleau compresseur. Parce qu’à chaque fois, c’est ce que je ressens. C’était hier. C’était hier, mais ce soir ce fut pareil.
J’ai pris le RER à l’université. J’avais hésité à y aller. Et puis j’ai bien fait. Il y a ce prof qui je crois m’apprécie. Ça me donne envie de travailler, encore et encore plus. Enfin, j’ai attendu trente minutes que le train arrive. Je mets moins de temps à pieds. Mais il faisait nuit et je n’avais plus de forces dans les jambes de toute façon. Alors je me suis entassée. Puis pour sortir à la station d’après un monsieur m’a aidée « laissez passer la femme enceinte – vous allez voir ma petite ça marche toujours ça ». Alors bon je l’ai suivi « laissez-moi passer, je suis enceinte, voilà, merci ! » J’avais encore le sourire de ces deux petites heures de cours. J’ai traversé le parc en marchant vite. Parce que j’ai toujours un peu peur. Cinq heures plus tôt on se disait au revoir – pour de bon cette fois – avec Mr B. Je voulais rentrer chez moi, juste. Et puis je ne savais pas encore ce que je ferais. Je suis toujours obligée de « faire » pour me calmer. J’étais soulagée quand je suis arrivée à l’appartement. J’ai glissé ma clé dans la serrure et une main s’est posée sur mon épaule. Je me suis retournée, un grand monsieur. « Mademoiselle, vous avez deux minutes ? ». J’ai dit oui mais qu’est ce qui se passe. Il ma dit « Je vous ai suivie dans le parc, je suis vraiment, enfin vraiment. Je veux dire vous me plaisez beaucoup. » C’est comme se prendre un ballon de foot dans la tête (du vécu). J’ai eu plus qu’un peu peur. Ça m’a fait penser au gars qui m’avait suivie à Grenoble durant toute une matinée pour pareil venir me l’annoncer fièrement une fois devant ma porte. J’ai dit non merci comme on dit non merci à un prospectus. Il a dit juste deux minutes. Et je lui ai dit que ce n’était vraiment pas le jour. Et j’ai refermé ma porte. Après, comme hier. J’ai quitté mes vêtements dans la précipitation. Et puis la balance. Quatre gousses d’ail. Ça m’a fait peur, et en même temps c’est écœurante satisfaction.
Le problème, c’est qu’une fois qu’on a pacté avec son diable, il revient, il revient. A la moindre difficulté les mécanismes se remettent en place. De manière de plus en plus simple car on le connaît par cœur, le pacte. Et puis ça repart. Une fois en forme. Je sais que ça ne durera pas plus d’une semaine. C’est le temps que je me suis donné pour rebondir totalement. J’ai juste besoin de retomber amoureuse. Juste.
20 novembre 2007
L’homme qui ne pouvait qu’être triste.
(Il s'agit d'un court texte 1000 mots à partir de la citation suivante de Tonino Benacquista : "On devrait interdire l'alcool aux angoissés, ce sont des proies faciles : ils ont la faiblesse de croire, l'espace d'un soir, qu'ils ont droit à leur part de bonheur.")
Il est assis tout près de moi. Je fais semblant de lire. Lui chante – ou fait semblant de chanter. Il fait froid, et j’oublie de me demander si lui aussi a froid. Je crois que c’est un homme, je n’ai pas bien regardé. Par… je ne sais pas. Peut-être qu’on dit « pudeur ». Mais je ne crois pas que c’est le terme, non. Je crois que je n’avais juste pas envie de regarder. J’aime ce qui est simple, cadré. Les choses qui vont droit.
Il est assis si loin de moi. Moi tout en haut, les fesses vissées à cette chaise en plastique rouge, chaise elle-même clouée à un morceau de béton carrelé. Lui, il est par terre, en bas, à moitié allongé. Je me demande pourquoi il est par terre. Il est tard et nous sommes seuls, lui et moi. Les chaises rouges s’alignent, vides, les unes après les autres. Et lui il a choisi le sol de ce quai de métro.
Cachée par mes cheveux, je tourne discrètement la tête. C’est un homme. A moitié couché contre deux gros sacs, une bouteille d’alcool à la main. Je me replonge dans La tragédie de la culture. Chapitre La mode. Mais n’accroche pas. L’homme m’a remarquée. Il était temps, voilà quinze minutes que nous sommes assis l’un à côté de l’autre et à la fois si loin l’un de l’autre. Ça c’est encore un plan foireux de Patrick. Me planter dans Paris. Ah parce que monsieur a oublié. Pour le moment il croit qu’il n’a oublié que cette séance de théâtre. Pour le moment. Dans ma tête je répète le scénario : j’arrive à l’appartement, je balance mes sacs dans l’entrée et lui crie que j’ai passé une soirée abominable, qu’un clodo aurait pu m’agresser s’il s’était arrêter de chanter, et puis là je lui dis « Tu sais qu’aujourd’hui cela fait cinq ans qu’on s’est rencontrés ? Ah non ! parce que ça aussi tu l’as oublié.»
« Hé bein alors ma p’tite dame elle est pas belle la vie ? »
Il ne manquait plus que ça. Parce qu’en plus de chanter, monsieur parle, aussi. Page cent vingt-trois, ne pas lever le nez.
« Pour avoir si souvent dormi… avec ma solitude…j’men suis fait presqu’une amie… ma petite dame… »
Le panneau lumineux indique encore seize minutes d’attente. Maintenant quinze. Bien.
« Vous n’avez pas l’air heureux madame…
- Heureuse, on dit heureuse, monsieur. Et vous, vous croyez peut-être que vous êtes heureux ? Mais regardez-vous !
- Oui madame, pas plus heureuse qu’heureux. Moi pas heureux ? Mais si madame, je chante, vous voulez une chanson ? Moi je suis heureux ce soir. J’ai tourné en rond toute la journée madame. Vous savez je ne savais pas quoi faire. Qu’est ce qu’on peut faire quand plus personne ne nous attend nul part? Quand la priorité c’est de trouver à boire et un coin pour pisser ? Quand les gens pensent que vos regards sur nous nous tuent et préfèrent nous éviter ? Vous savez ce que c’est que d’être seul, vous savez ma p’tite dame, seul comme un poisson dans un bocal, sauf que vous n’avez même plus de bocal.
- Ah mais parce que vous vous imaginez que quand on a un bocal celui-ci se remplit de vie, peut-être ? Vous croyez que je ne suis pas seule, moi, sous prétexte que j’ai un bocal ?
- Vous voyez madame, vous être triste ce soir. Vous devriez chanter.
- Ce n’est pas la chanson qui vous rend heureux permettez-moi : c’est la boisson ! »
Il attrape sa bouteille, et d’un air de défi la boit jusqu’au bout. Le cadran lumineux. Les lettres jaunes. Douze minutes. Je sors mon portable de mon sac. Zero coup de fil. Patrick pourrait s’inquiéter quand même. Je range mon portable. Puis le ressort. Vérifie. Non, il n’a vraiment pas tenté de me joindre.
« Voilà, il n’y a plus de boisson, juste des chansons. Mademoiselle de bonne tenue, pardonnez-moi d'être venu faire pousser la mauvaise herbe dans vos jardins entretenus…
- C’est une chanson d’amour…
- Ah madame, voilà que vous m’écoutez. Il était temps. C’est une chanson d’amour. Et alors ?
- Et alors ? Vous me fatiguez. S’il vous plait…Je suis…fatiguée.
- Oui vous venez de le dire. Fatiguée. Alors laissez-vous bercer. J’ai encore plein de chansons.
- Vous vous êtes vu monsieur ? Vous faites peur. Et vous me faites peur. Je me moque de vos chansons. Nous avons tous nos tracas et ce n’est pas pour autant qu’on va embêter les autres avec. J’ai mes tracas, vous savez. Mais moi je ne vous raconte pas que je partage mon lit avec un homme qui ne me voit plus, je ne vous dis pas que mon boulot m’emmerde et que dans cinq minutes je monterai dans un wagon qui quarante-trois minutes plus tard me déposera chez moi. Je ne vous ai pas dit, aussi : je connais l’enchaînement des stations par cœur. Chaque matin, chaque soir, tout le temps. Voilà. Mais est-ce que cela me donne le droit d’agacer d’autres personnes ?
- Madame, je crois que vous n’avez pas compris. Je vous parle d’amour madame. Je suis heureux. Je vous rend triste parce que vous vous imaginez que je le suis. Mais madame c’est vous qui pleurez ce soir et…
- Je ne pleure pas !
- Pas encore. Dans quatre minutes, probablement, si. Je vous fais peur et pourtant je n’ai plus peur moi, pour moi. Je ris, je chante. J’ai chaque soir un nouvel ami qui comme vous s’assoie tout près, m’ignore puis lève le nez et me voit enfin. Chaque jour j’ère et chaque soir je reviens ici. La bouteille me réchauffe, et par mes quelques mots, je vous réchauffe madame. Ce soir j’aurais évacué une partie de votre colère. Et si je vous ai fait peur, tant mieux, vous serez comme ça ravie de rejoindre votre ami. Vous savez, celui qui partage encore votre lit.
- Alors chantez-moi une chanson, monsieur. Mais pas une chanson d’amour, pas ce soir.
- Non. Il est trop tard.
- Trop tard ? Vous plaisantez ? Ah là, vous vous moquez de moi !
- Oui, trop tard. Regardez, votre rame arrive. »
Je me lève.
Par pudeur, oui, par pudeur, je ne lui offre qu’un signe de tête. Je crois que je veux dire merci. Merci de m’avoir écouté lorsque j’ai crié. Ou alors pardon. Pardon de n’avoir écouté lorsque vous chantiez.
Les portes s’ouvrent. J’entre. Et pleure.
19 novembre 2007
Les mots sans titre.
Je n’arrive pas à lier des liens. Ou alors on ne veut pas en lier avec moi. Pourtant je n’ai pas l’impression d’être euh « méchante », ou « chiante ». Mais voilà, avec Lara, on ne fait que des exposés. (ça ne veut pas dire que je les réussis bien, juste que trente c’est quinze fois deux.) C’est amusant parce qu’à la fin de ma deuxième année à Grenoble, cela allait vraiment mieux. Si j’étais là-bas, là, j’aurais appelé Melle C., je lui aurais dit « On vient de se séparer avec Mr B., tout ce que je veux, c’est de la vodka au malabar. » et op’ dans le tram. Ici…
Mais voilà, je suis peut-être trop distante. Peut-être trop ailleurs parfois, et on pourrait penser à du désintérêt. Je m’échappe. Je ne sais pas. Parfois, j’ai juste envie de prendre mon bébé à une couleur arc-en-ciel et de partir encore plus loin, encore ailleurs. Quelque part où j’arriverais à parler. Quelque part où on pourrait peut-être m’aimer ou au moins m’apprécier, un peu.
Je me dis aussi que c’est peut-être tout autre chose. J’ai l’impression de n’avoir aucune passion commune avec personne. D’être absolument seule dans ce que j’aime. Je sais qu’il n’y a personne que j’aurais pu appeler dimanche pour dire « salut, tu veux te faire 4h de marche/métro pour passer la journée à Beaubourg ? » Je n’ose même plus proposer. J’y suis allée seule, comme toujours. Je suis restée six heures entre ces murs. Je regardais le Paris tellement gris que blanc par les grandes vitres. Je regardais derrière les fenêtres. Pas celles du Centre, non. Celles des petits immeubles collés les uns aux autres. Je les regarde, je me demande ce qu’ils font, s’ils aiment, s’ils se sentent très seuls en eux, eux aussi. C’est pour ça que j’aime prendre la six, très tard. Les lumières éclairent les pièces. Je les vois faire ces gestes que je trouve tellement banals. Elle met la table, lui ouvre un placard, elles sont deux, l’une sur un canapé, l’autre sur une chaise en face, et lui, il regarde le train qui passe devant sa vitre, trois immeubles plus loin, elle est assise à table face à une pile de papiers. Je ne parle plus, à personne. J’écoute les conversations des autres et je me demande si c’est comme ça qu’on devient fou. Mon téléphone ne sonne plus. Je ne lis plus mes mails.
Je ne vois plus que des inconnus qui ne me voient pas.
17 novembre 2007
Ceux qui n'avaient pas le droit.
C’était hier à dix-neuf heures à la gare de la défense. Vous me direz quelle idée d’aller prendre un métro à une heure pareille et qui plus est, un jour de grève. Mais bon quand on est amoureuse et qu’on n’a pas vu Mr. depuis cinq jours on est prêt à tout affronter.
Sauf peut-être un mauvais journaliste.
Le voilà qui s’approche, appareil photo autour du cou, calepin dans une main, crayon dans l’autre.
« Bonsoir, je peux vous poser quelques questions ?
- euh… oui allons-y…
- Alors : vous travaillez à la défense ?
- Non.
- Ah… euh… vous faites quoi ici, alors ?
- Bein j’habite à côté…je rentre chez moi…
- D’accord alors ça marche aussi ! Racontez-moi : combien de temps avez-vous mis pour arriver ici ?
- euh... comme d’habitude. Je suis montée dans la ligne une, et je suis arrivée ici.
- Enfin ça a mis beaucoup de temps, forcément et donc vous êtes très en colère j’imagine ?
- Non, non, je ne suis pas du tout en colère, tout va bien. Je suis montée dans la une, j’arrive ici, je rentre chez moi, et j’ai le sourire !
- D’accord…. Bon désolé ce n’est pas ce que je cherche. »
Quelques heures plus tôt, je faisais le chemin inverse, et accompagnais quelqu’un pour la défense justement, visiblement un peu perdu (j’ai connu, hihi.)
Alors on discute. Et puis il commence à me dire
« Ouais ils nous font chier hein, moi j’en ai marre, c’est pas normal. » Comme je m’y attendais (il avait pas l’air commode) du tac au tac : « c’est quoi qui n’est pas normal ? le droit de grève ? ». « Bein non mademoiselle… mais comment je fais pour aller au travail après ? » « c’est pas parce que les gens vous sont utiles voire même indispensables qu’ils n’ont pas les mêmes droits que les autres. Et puis si demain votre patron vous dit : garçon, je te paye quinze euro de l’heure mais la moyenne des français gagne moins alors je vais modifier ton contrat d’embauche. Vous répondrez merci chef ? ». Il ne m’a rien dit.
13 novembre 2007
Ce 13 novembre.
« Franchement, ça fait plaisir. Enfin une réaction des forces de l'ordre face à ces extrémistes qui prétendent imposer leur dictature à des dizaines de milliers d'étudiants. » (Une lectrice sur le Monde en ligne.)
Je suis choquée. J’en ai pris une au hasard, car tous disent pareil. Pourtant ils n’étaient pas devant le bâtiment F ce matin. Ce bâtiment où il n’était pas question de 150 bloqueurs contre 500 étudiants qui voulaient aller en cours (ils ont été une trentaine à y aller une fois un chemin tracé pour eux). Mais bien de 600 étudiants face à des lignées de CRS agitant leurs bombes lacrymogène et matraques. Je ne suis pas une « bloqueuse », et pourtant on m’a « chargée » comme les autres.
Au début, de l’incompréhension. Pourquoi sur notre campus ces quinze cars de CRS ? Pourquoi est-ce qu’ils frappent cette fille, à terre, qui n’est pas plus que moi une « bloqueuse » (elle a juste essayé de passer d’un côté à l’autre du rassemblement) ? Pourquoi elle a le visage en sang, l’arcade sourcilière éclatée ? Pourquoi ils continuent quand même à frapper ?
A côté de moi une fille lève une règle en plastique : « Je n’ai que des cahiers et des stylos, face à ta matraque et c’est avec ça que je me défendrai. » Une demoiselle de l’union des étudiants communistes (UEC) fait le tour du rassemblement « restez tranquilles, ils ne nous auront pas, nous ne serons pas violents. » Ce qui est dommage dans les vidéos c’est qu’on voit du bordel et que lorsqu’il y a les CRS (censés être l’Ordre) et des étudiants (qu’on pense en « Désordre ») on pourrait se tromper sur le « qui lève la matraque ? ». On pourrait même dire que ce rassemblement ce sont 500 personnes anti-blocage (ah bon ils ont dit ça?) car justement, ces étudiants ahuris, ils ne disent plus rien, pire pour les caméras : ils n’ont pas l’intention de « taper du gendarme », ces étudiants. Pour preuve : les CRS ont plié bagages vers 14h, lorsqu’ a été annoncé « un comité d’action pour tous les anti-LRU prêt à s’impliquer dans l’action ». A ce moment là les 500 en question (vous savez, les « anti-blocage » dans les journaux) ont accouru jusqu’au bâtiment L. pour décider des prochaines actions.
L’entrée dans le théâtre du bâtiment en question sera plus que laborieuse. Trop de monde. J’apprends entre temps qu’une poignée d’étudiants de droit – qui ont pu entrer dans leur bâtiment – ont fait une AG et ont voté le déblocage de la fac. Je demande alors à cette personne à quoi ça mène de faire des actions chacun dans son coin, AG de bloqueurs AG d’anti-bloqueurs, lorsqu’on sait qu’à la question de l’abrogation de la loi toutes les mains se lèvent et crient « pour ».
***
Lorsque nous arrivons à entrer dans le théâtre, il est question d’ « éteindre les caméras ». Je n’ai pas regardé Fr3 hier mais apparemment le détournement des faits inquiète. « Laissez-nous entre nous » clament certains. Personnellement je suis pour la présence de médias au contraire. Finalement les journalistes baissent les caméras.
Une élue de Nanterre intervient : « la France est un pays démocratique, il faut laisser les étudiants décider, vous avez droit à vos AG. Il n’est pas question que des forces de l’ordre restent sur le campus et créent des tensions. Les forces de l’ordre sont inacceptables sur le campus. » Les applaudissements sont interrompus par des « LCI n’a pas éteint sa caméra ». Le journaliste filme discrètement depuis le début (ses pieds pour l’essentiel). Il rit à la « je vous ai eu ! ». Je ne sais pas s’il « nous a eu », mais tous se feront sortir cameras éteintes peu importe.
Plus tôt dans la journée, je discutais avec des journalistes de France 2. « J’espère que vous avez des yeux, et que vous voyez comme moi des centaines d’étudiants pacifistes, qui ne cherchent pas à se battre mais à se faire entendre, et qu’à l’opposé vous montrerez les bombes qu’on secoue au dessus de nos têtes. » Il m’a dit que c’est ce qu’il voyait aussi, il a dit « ce que je vois ? Des CRS qui matraquent des étudiants. »
Après l’élue, G. qui tient la parole rappelle qu’il ne s’agit pas là d’une AG mais d’un comité de lutte. Il passe la parole à Walid qui demande « a tous les étudiants d’être solidaires. La question ce n’est pas le blocage, ne l’oubliez pas ! » Lorsque les « Walid ! Walid ! Walid !” qui fusent s’éteignent c’est au tour de “Yann, postier” de prendre la parole. Il rappelle que l’offensive est générale et qu’il faut s’unir. Que les étudiants doivent forment un même mouvement, avec les cheminots, les postiers, la justice, les médecins, etc. Lorsqu’une demoiselle évoque des « propositions alternatives à la loi à élaborer » on entend les premiers applaudissements. Plus tard un étudiant en arts du spectacle parle lui « d’aucune alternatives [qui] ne sont envisageables ». En voulant se faire entendre il jette du discrédit sur le mouvement : « Le blocage, ça marche ! Aujourd’hui, l’Etat a envoyé son armée, et vous avez vu le rassemblement que ça a crée. Plus on est plus la loi sera abroguée ou abrogée, merde je sais plus comment on dit, vite ! Contre les CRS, je propose qu’on bloque la passerelle [il s’agit en fait de la sortie du RER], les motards prenez vos casques vous ferez la première ligne contre les CRS ! » ces propos ne font pas l’unanimité. Des rires dans les étudiants : « Oui et si on ferme la passerelle, aucun de nous ne pourra rejoindre la fac, mais par contre les CRS eux, ils prennent pas le RER ! ». Un professeur de sociologie intervient pour refuser d’ « enseigner à l’ombre des matraques », mais plus personne n’écoute : les derniers intervenants ont soulevé des zones de désaccord (appels à la violence, alternatives à la loi, ne pas occuper la fac pendant les grandes manifestations pour se mêler aux autres, etc.) entre ces étudiants qui se pensaient « ensemble ». Finalement, lors du vote pour un « comité presse » le théâtre sera vidé aux ¾.
11 novembre 2007
Le We de la provinciale.
09 novembre 2007
Le retour entre les montagnes.
Me voilà de retour à Grenoble bien plus tôt que prévu...! Comment raconter ces dernières vingt-quatre heures? Le début? Il y a pile vingt-quatre heures j'étais dans le métro. J'avais donné RDV à Mr B. sur mon_pont_préféré sans lui expliquer pourquoi là-bas, comme une évidence. Ca m'a fait rire de le voir assis dans le froid sur le pont. Il a du s'habituer à mon dégré de timbralité car ca ne l'a pas surpris "tu sais Lara il pleut un peu..." "Ah.... bon j'arrive au pont bouge pas!" Bein vi il y a pile vingt-quatre heures et deux mois on redevenait des amoureux sur ce pont. tsss-tss..! A Douze heures et trente minutes de cette même journée j'étais dans un amphi D1. Nous étions mille pour quatre caméras et cinq cent appareils photos. Qui m'a dit dernièrement que l'objectif 1
er des manifestations n'était plus la manifestation mais de passer dans la boîte à images? N'empêche qu'ils ont dit "Les caméras, se sont des élèves de l'IPJ, ils sont venus faire un exercice". Et dès lors je n'ai eu qu'une envie me pendre à leurs jambes "j'veux venir avec vouuus..." N'empeche que ca a duré trois heures et que du coup j'avais très faim en cours sur la déviance et ai déjeuné à 17h du n'importe quoi comme d'habitude! Déviance = youpi, un pont. Dans le train, je lis sociologie de la deviance, prêté par Mr B. Le gars en face de moi (je suis absolument toujours aux places à 4) me demande "ca veut dire quoi sociologie de la déviance?" Et j'ai failli ne pas réussir à répondre à la question. L'ignorante (moi) à quand même commencé par un lâche "bein... c'est à dire que c'est un manuel". Et après j'ai donné les visions du crime de Durkheim et Lombroso et le gars a du halluciner et se dire ils sont fous ces sociologues parce qu'il ne m'a presque plus reparlé. Il m'a cependant sauvé la vie lorsque mon diet coke a fait une glissade jusqu'à moi et qu'il l'a ratrappé avant que mon pull blanc ne décède tragiquement comme mon mollet gauche. (je suis marquée à vie par coca cola à cause du soleil et de ma maladresse)
Hiiii j'avais écrit un véritable roman qui s'est effacé! tanpis vous ne saurez pas comment un gars qui m'a dit qu'on appelait les gens comme lui "des loups" m'a tantôt dit que "t'es grave cool Fleur!" et "Tu devrais te méfier de moi tu sais pas ce que j'ai fait à un gars aujourd'hui... j'ai des pulsions, je me contrôle pas...". vous ne saurez pas non plus comment je suis resté coincée dans les toilettes du TGV à deux doigts de pleurer et comment j'ai fabriqué un levier en PQ pour débloquer la porte (yeah). Cher lecteur tu ne sauras pas non plus ce que ma dit mon correcteur_journaliste_du_Monde sur ma synthèse (ci dessous) car tu ne le savais déjà pas dans le message premier effacé. hihi. Juste que j'ai repris confiance en moi (j'avais retiré le texte du bloug car je ne supportais plus les critiques sur ce que j'écris.) Mon "corrigeur" m'a fait faire des bonds dans sa conclusion_de_correction en me glissant que ce texte aurait pu être publié en l'état dans les Rebonds de Libé et qu'il était impressionné. hihi. (et enfin je sors du 13 que je recois pour chaque article depuis le début et passe à 17. op'op' plus que quelques mois!)
La synthèse en question que je repose du coup.
(les photos : rassemblement à Nanterre pour l'abrogation de la loi Pécresse et qui a décidé du blocage de la fac. Quelque chose comme 650 "oui" (sur 900 personnes) mais à la parole d'un syndiqué "donc je vous dit à demain 7h pour bloquer la fac" uniquement des rires. Après un petit coup de tel', mes copines ont donc confirmé, elles ont bien eu cours comme d'habitude...!) (et moi, WE anticipé). mh
La chose :
Immigration choisie, immigration zéro, rapports Nord-Sud, co-développement. Existe-t-il un consensus à propos des migrations de population ?
Olivier Adam dans « A l’abri de rien » livre le récit d’une mère de famille prête à tout sacrifier pour aider ces clandestins qu’on appelle « kosovars ». Il n’hésite pas à faire dire à Marie – son personnage principal – « cet enfoiré de Ministre de l’Intérieur » lorsque celle-ci apprend la fermeture de Sangatte, ce centre de réfugiés qui avait attiré 67000 immigrants.
Sujet d’actualité brûlant depuis le 21 avril 2002 – date à laquelle le parti du Front National (FN) a pour la première fois atteint le second tour des élections présidentielles – les politiques d’immigration sont au cœur de la vie politique en France, comme à l’étranger. La peur de l’invasion est-elle un mythe ou une crainte justifiée ? Existe-t-il une bonne politique d’immigration et quels sont les risques d’une politique trop stricte ?
[Paris début août – Rue de Rivoli, des individus manifestent pour la régularisation des sans papiers et l’arrêt des expulsions]
Le départ ou la fuite
Le migrant part, la plupart du temps, pour fuir plus que pour rejoindre. C’est une démarche désespérée… d’espoir. Mais cette migration ne se fait pas sans difficultés. Face à la lenteur des procédures pour l’obtention d’un visa et les refus fréquents, certains n’hésitent pas à emprunter jusqu’à s’endetter afin de rejoindre un pays stable avec parfois, l’aide de passeurs. Dans certaines régions du monde comme à la frontière Mexique Etats-Unis, le trafic d’êtres humains est devenu plus rentable que le trafic de drogue. Le désespoir génère une économie de l’ombre. Serrés sur des boatpeople ou dans des camions, la tête dans des sacs plastiques (pour ne pas être détectés par les tests CO2), pieds nus dans le désert, ces immigrés viennent d’Afrique, d’Asie et cherchent à rejoindre un pays de l’Union Européenne – intégrer donc l’espace Schengen – pour ensuite circuler librement vers un pays jugé « plus accueillant ». Nombre de clandestins en France n’ont pas pour finalité la France mais plutôt l’Angleterre : « il n’y a rien pour nous en France » confit un clandestin.
Au Royaume-Uni, il y aurait un demi-million d’immigrés illégaux. Pour l’association anti-immigration britannique Migrationwatch, « c’est le ciment même de notre société qui est affaibli par le développement de communautés qui choisissent de ne pas s’intégrer. » Ainsi l’exclusion serait volontaire du côté des immigrés selon l’association. Cette confusion naît de l’indifférenciation des termes « intégration » [avoir un travail, aller à l’école, parler la langue du pays, etc.] et « acculturation » [soumission puis disparition d’une culture au profit d’une autre].
L’arrivée, une invasion ?
Le vote en faveur du FN paraissait inimaginable il y a trente ans – le parti ne recueillait alors pas même 1% des voix – mais aujourd’hui il est bien intégré dans l’ « arbre des possibles ». Le « sentiment national » ne cesse du coup d’être mis en valeur par les politiciens – durant la campagne du Parti Socialiste (PS) pour la présidentielle Ségolène Royal appelle les français à chanter la marseillaise et à afficher le drapeau de la France. Au cours de l’été 2007, Nicolas Sarkozy devenu Président crée un Ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale. En octobre 2007 l’ouverture de la Cité Nationale de l’Immigration, voulue par Jacques Chirac, ne donne lieu à aucune inauguration officielle. D’après le sociologue Russe Vladimir Moukomel : « La véritable idéologie de la réforme est une complaisance à l’égard des tendances xénophobes dans la société. » Pourtant, de par son passé coloniale la France n’est pas à l’origine un pays uniforme, mais bien un pays mixte. Beaucoup d’immigrés viennent des anciennes colonies de la France (du Maghreb notamment). Alors ce sentiment de perte de cohésion nationale est-il réel, ou imaginaire, fabriqué ?
Pour François Bayrou (MoDem), si l’immigration fait peur c’est parce qu’elle « exacerbe ces fractures [de la société] et les révèle. » Pour les citoyens, la peur de l’immigration c’est avant tout la peur qu’on leur vole leurs travails, la peur d’être submergés sous leurs religions, leurs idées, leurs coutumes… leur nombre. Faut-il demander aux candidats à l’immigration des garanties d’intégration ? Et plus largement, existe-t-il une « bonne politique d’immigration » ?
Les politiques d’immigration
Selon Tomas Hammar il y aurait deux types de politiques d’immigration. L’une porte sur les intérêt du pays d’accueil et l’autre s’intéresse aux intérêts du migrant, leurs droits, etc. L’affrontement de ces deux politiques se voit rejoué à l’infini dans les nombreux théâtres que sont les pays d’immigration.
Les politiques d’immigration du point de vu des intérêts des immigrés dépendent en partie de la vision de ce que doit être une nation. Devons-nous tendre vers un multiculturalisme [au sein d’un Etat, on reconnaît différentes cultures et donc une égalité des droits] ou vers un universalisme [l’Etat est un tout qui tend vers l’homogénéité, et est basé sur une assimilation] ? Autrement dit, faut-il accepter ou nier la différence pour intégrer ?
A l’opposé, la politique de Nicolas Sarkozy se place du point de vu de l’intérêt du pays d’accueil. Il souhaiterait que l’immigration économique représente en France 50% du flux total, chose quasi-impossible. C’est la mission qu’il a adressée à son ministre de l’Immigration, l’Intégration et l’Identité Nationale, Brice Hortefeux. Il oppose immigration choisie (cette immigration dite « économique ») à l’immigration subie (le regroupement familiale notamment) qu’il faudrait freiner. Or l’un des droit fondamentaux est celui de pouvoir vivre avec son conjoint et ses enfants. Les candidats au regroupement familiale doivent donc signer un « contrat d’accueil et d’intégration », passer des tests de français mais également de connaissance de la culture française et en cas d’échec, suivre des cours durant un maximum de deux mois. L’immigration choisie ce sont donc surtout « des métiers ». Le gouvernement a dressé courant octobre une liste très précise des travailleurs dont la France « accepte » la venue. Il s’agit en fait de deux listes : l’une dite de métiers qualifiés, et la seconde de divers métiers (dessinateurs dans le bâtiment, agents d’entretiens, bûcherons…) Le mot d’ordre du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale pourrait donc être « quotas ». S’il reste 25000 immigrés à expulser pour Brice Hortefeux, il lui faudra également définir combien il est prêt à en accueillir sous critères économiques. Cette nouvelle ligne politique en matière d’immigration n’est pas spécifique à la France : en Russie les étrangers se sont vus interdire certaines professions (la pharmacie, la vente d’alcool, les marchés…)
A l’échelle européenne, les pays membres de l’Union Européenne, envieux du « brain drain » américain proposent la création d’une « carte bleue » qui permettrait d’accélérer les procédures d’accueil pour des individus hautement qualifiés. Pour palier au risque de dumping social, les Etats membres proposent que le salaire de l’immigrant soit supérieur à trois fois le salaire minimum du pays d’accueil. L’immigration choisie a de nombreux effets pervers : L’Europe, le Canada et les EU manquent de médecins et n’hésitent pas à recruter dans le Sud… ce même sud qui aura besoin d’un million de médecins de plus d’ici les dix prochaines années.
Dans une Europe vieillissante et manquant de travailleurs, l’immigration est une chance et même, nécessaire. Mais pour permettre une mobilité sociale à ces immigrés il faudrait désenclaver les ghettos dans lesquels ils sont bien souvent enfermés. D’après The Independant, « Les nouveaux arrivants travaillent plus dur, gagnent plus et paient plus d’impôts que les Britanniques. » Certaines régions du monde comme les villes du sud de l’Italie ou plus récemment Louisville, sans complexes aucun, n’hésitent plus à lancer des appels à l’immigration pour ces premières, ou à au moins faire comprendre que chez eux, les immigrés sont les bienvenus. Pour le maire de Louisville, « les communes qui acceptent la diversité seront bientôt les plus prospères. »
voilà!!!!!
(Vive les bouton symétrique au visage. La grande classe.)
Laura et Hélène :
Je m'appelle Lara. Mon nom, vous le connaissez pardi. J'habite dans l'appartement 210G il faut le préciser car mon facteur s'y perd sinon. Le numéro de l'immeuble c'est 67. Et la rue c'est Pablo Picasso (un dada juste pour toi miss Lénouche!) le code postale c'est fastoche : le département c'est le 92 et Nanterre c'est trois zéro derrière!
07 novembre 2007
Quot.
C'est un peu du direct, mais c'est surtout une recherche vaine de réel. Il est vingt-trois heures et douze minutes. Dans moins de onze heures, c'en sera fini.
06 novembre 2007
le monologue de 21h.
Bien des difficultés à me concentrer. Je suis sur une synthèse d'articles au doux nom de "Immigration choisie, immigration zéro, rapports Nord-Sud, co-développement... Existe-t-il un consensus à propos des migrations de population?" Sauf que dans ma petite tête, il est question de tout sauf de ça. Il y a quatre choses qui tourne en boucle dans la chose. Etat des lieux :
- Je pense à mon exposé sur la bourgeoisie qui aura lieu jeudi. Il est fini, il ne me reste plus qu'à ecrire deux trois notes pour le cas "grand stress" (celui qui par chance n'arrive jamais, oui : les mots finissent toujours par sortir). Il n'empêche que cela m'angoisse. Je suis contente d'être à Nanterre, mais je suis très nerveuse quand je prends la parole. Pourtant cela ne me ressemble pas. Je ne me sens pas dans ma fac. J'ai peur de les déranger. Je me sens receuillie et je ne sais quoi de plus. Je crois que ce qui m'angoisse surtout c'est la méchanceté des étudiants... qui ne ressemblent pas du tout à ceux de Grenoble. Ici c'est la loi du plus fort, de la plus grande gueule, et ça se tire dessus. A Grenoble il y avait plus de l'entraide ou du partage. Personne ne se serait permi d'interrompre l'exposé d'un autre pour dire par exemple "il est nul ton exposé, tu oublies quand les mexicains le 22 avril 1324 ont dit je cite "blablabla" ainsi que.. blabla... comment peux-tu nous présenter quelque chose d'aussi incomplet, de tralala...". Eh oui. Une fille à côté d'elle lui a glissé "bien fait pour sa gueule." (Je précise que l'exposé en question m'a plus qu'épatée.) Peut-être que je pense à ça parce que le groupe en question (le fameux trois filles trois garçons) étaient derrière moi tout à l'heure en idéologies politiques et ils n'ont pas arrêté de faire des trucs "bizarres". (ils lançaient toute sorte de choses vers moi et se glissaient par terre pour aller les chercher.) Bref je me sens un peu comme en sixième ici. J'ai réellement peur des autres et cette peur n'est - je pense - pas injustifiée.
- Je pense à ce que ma dit Baptiste dimanche matin entre Nation et l'Etoile : "On fait un pari? Dans six ans grand max tu votes à droite". Je n'arrête pas de me demander comment il peut penser un truc pareil. Et d'ajouter : "Mais moi je m'en fiche, ca ne me dérange pas, hein." Hé! Alors je ne sais pas si c'est ma fermeture d'exprit (je n'ai pas d'amis à droite et ne cherche pas à en avoir) ou le contraire (j'adore lire le Figaro parce que 1) c'est un journal de qualité, complet et 2) je préfère lire des choses qui ne vont pas dans mon sens car je déteste ces situations où je suis d'accord avec tout le monde et où l'autre me conforte dans ma pensée, ou encore : je reçois les lettres d'info de Liberté Chérie et travaille un exposé sur le libéralisme (pour dans une semaine) en ce moment). Ah j'oubliais : dans cinq ans je voterai à droite parce que je ne suis pas pro-blocage de fac a ce qu'il parait. Bref cela m'a bien perturbée, et je n'en ai pas dormi de la nuit (s'il lit ça il va se moquer, mais c'est vrai, mh.) Le pire étant que si je suis anti-blocage c'est surtout pour des raisons économico-intime. Vivre ici me coûte très cher, et je n'ai qu'un an pour intégrer l'une des écoles que je vise. C'est assez clair, si en juillet je ne suis prise nulpart, je rentre à Grenoble, et je fais je ne sais quoi. Je ne peux pas me permettre de rater des cours (même malade) parce que j'ai en quelque sorte tout investi dans cette année. Je sais que si cette année ca ne marche pas, j'aurai pas la force (et les sous, pour la prépa) de travailler autant une année de plus.
- J'ai oublié la troisième chose.
- La quatrième c'est que ça va pas fort du tout avec mon amoureux et que je ne sais pas quoi faire. Il ne vient tellement pas vers moi que j'ai l'impression de le harceller. Je sais qu'il a du travail, et j'aimerais pouvoir être aussi raisonnable que lui, mais souvent j'ai du mal. Je travaille à des horaires pas possibles parfois parce que je me dis que comme ça je le verrai au moins le lendemain, et suis deçue car il me dit que lui, travaille encore. C'est le classique qui ne cèsse de se répéter. Je ne suis pourtant pas quelqu'un d'envahissant en temps normal. Même si je suis loin d'être raisonnable, donc, j'ai toujours des (trop de) limites face aux autres. Je me pose peut-être trop de questions. Je n'en sais rien. Enfin parfois cette situation fait que j'ai l'impression que nous sommes à deux doigts de céder alors que - je pense - on est toujours bien ensemble. Il faudrait juste que j'arrête de douter de ses sentiments, mais j'ai du mal à me dire "bon, il n'a pas même cinq minutes pour te voir, mais bon, il t'aime!" C'est d'ailleurs assez surprennant que je puisse me dire ça, parce que comme je lui ai dit à lui-même (et ne soyez pas choqués) : pour moi la carrière (et donc les études pour le moment) passe avant tout le reste. C'est ma priorité. Donc je me torture l'esprit parce que : 1) je ne m'aime pas ainsi, à vouloir le voir, à sentir du manque comme ce soir (qui fait que je me sens triste et que je n'arrive pas à me concentrer sur ma p*****de synthèse) 2) je voudrais qu'il trouve du temps pour moi.
Voilààààà
Bon je retourne à ma synthèse... pas envie... il est 21h16, je suis épuisée et étant donné que j'ai stoppé le chrono pendant cette petite note, il me reste.. 2h45... super...
*vive les fleurs*









