09 mars 2008
Pétales et notes.
Ça ne va pas du tout, je fais une rechute. Je suis en train de regarder les sites immobiliers de Grenoble. Oui ma ville me manque. J’avais peur de m’ennuyer en revenant : pensez donc, sept jours dans cette ville ! Et bien non. Non, et encore non. Je ne m’ennuie pas. Pire, je veux rester. Non je ne resterai pas. Et puis j’espère toujours réussir ces concours qui m’emmèneraient plus à l’Est ou plus au Nord. Encore plus loin.
C’est qu’hier, on m’a servi un cocktail grenoblois. Un mélange de notes de musique bien d’ici et de jus de pétales d’hibiscus. D’abord, des girafes sur des tables, des rires dans les rues, puis des coussins partout, un inconnu qui dit bonjour en tendant sa joue, qui dit bien sûr. Les sourires vrais.
Les parisiens sont égocentriques. Ils ont les dents longues. Ils m’ennuient.
Je reviens mardi matin. Train de 7h25. Comme à chaque fois, je n’ai pas envie. Il va me falloir bien du temps pour me réadapter. Deux mois que je n’étais pas revenue ici. Parce que la dernière fois, le retour avait été trop difficile. Se réadapter au bruit, aux cons, à la saleté.
Je me dis, pour me rassurer, que quand il fera chaud tout changera. Il y
aura mon pont préféré. Mes ballades silencieuses. Et j’oublierai mes montagnes.
03 mars 2008
Journée sciences poreuses
Ah ah ah… j’ai passé une très chouette journée. (sérieusement). En partant je me suis même dit que si je le rate cette année ce n’est pas très important parce c’est vraiment un concours émoustillant. Bref j’en ris encore.
Tout a commencé après de longs zigzags en RER, dans un grand bâtiment type année 70 qui faisait ma foi un peu peur. Ou alors c’était les étudiants qui faisaient peur. Pour me rassurer je me suis répété qu’ils me faisaient autant peur que les djeun’s de socio de N a n t e r r e en septembre et qu’à ce jour c’est moi le vilain mouton noir grenoblois qui suis passée devant tout le monde et empoche leur bourse du mérite (ohoh). Ça c’est de la stratégie mentale. Après en les écoutant ils étaient quand même effrayants.
Bref. A 8h30 on entre dans la salle des « J-Z ». Je me fais une multiplication rapide histoire de me booster : nous sommes 180. Soit 360 juste pour le journalisme à Paris. Or certains passaient le concours dans d’autres grandes villes si je ne m’abuse… Comment ça il n’y a pas même trente places ? (à vérifier). Bon c’est pas grave parce que c’était fun.
Sur les petites télé je vois trois icônes. Deux fonds noir et une photo d’une rue. Et alors là je suis très forte parce que j’ai reconnu le Pakistan. (yeah). Donc je me suis dit « c’est soit le pétrole soit Bhutto ». Ce fut cette dernière.
Mais avant ces festivités, place aux petits topos rapides (une vingtaine de lignes par événements) : La conf’ d’Annapolis, le Traité européen simplifié, la crise des « subprimes » (que je n’ai jamais aussi bien expliqué de ma vie, je me suis impressionnée), la réforme de la carte judiciaire en France et oh mystère : Rajundra Kumar Pachauri. Je n’avais jamais entendu parler de ce cher Rajundra. En fait si, mais comme son nom était trop compliqué, je n’ai enregistré qu’Al Gore à la oh grande remise des Prix Nobel. Je mérite le fouet.
Petit soulagement, personne autour de moi ne savait de qui il s’agissait. En sortant de l’épreuve, quelqu’un se pavanait « ouais moi je sais qui c’est : un rebelle de nananana ». Bref je me moque pas j’ai laissé l’espace vide. (mh). Après ça ce fut au tour de Mme Bhutto et je suis loin d’être satisfaite putain de merde. (ça y est je suis vulgaire, refoutez-moi). La lecture des documents m’a carrément barbée parce que la plupart sont encadrés dans ma chambre et que je les connaissais par cœur. Du coup j’ai un peu trimé, paradoxalement. L’objectif n’est pas tant de dire ce qu’il s’est passé mais bien comment ça a été traité. Et c’est là toute la difficulté. J’ai trop expliqué les faits et enjeux, et, proportionnellement, sans doute pas assez les clivages en fonction du pays d’où sont issus les analyses. Je l’ai dit sans bien le dire. Ce n’est pas écrit noir sur blanc, disons. Je me console en me disant que j’ai été trèèèèès critique et ça faisait parti des objectifs énoncés. Disons que dans l’ensemble ce n’est pas parfait, mais je me trouve au moins correcte.
Après j’ai mangé assise sur un trottoir. C’était un peu glauque.
Puis j’ai englishé. Oh grand soulagement je crois que ça ne s’est pas trop mal passé. On est tombé sur la conférence de Bali. Ça pouvait pas être mieux : l’environnement est le thème sur lequel j’ai le plus de vocabulaire et d’expressions. Mais bon je demeure une louseuse de l’anglais hein. Tout le monde passe le même examen d’anglais donc ceux qui avait préparé la mention journalisme était un peu avantagés (même si ça n’empêche pas les autres d’ouvrir des journaux). Disons que réviser mes « Bruxelles 160g Co2/Km --} 120g taxe lourd lalala » m’a sans doute un peu aidée. L’objectif initial était d’avoir plus de 6 de toute manière… mh.
Enfin ce fut la grande et magique phrase avec laquelle il
faut dialoguer durant une heure et demi. « L’ a i r d e l a v i l l e r e n d l i b r e . » Je me suis bien amusée. Même si mon
cher correcteur me trouve pitoyable moi ça m’a haaaaaaaaaaaaaaaa. J’ai été
transportée par ma conclusion sans doute un peu rapide (plus de temps) mais
bien trouvée selon moi. (Je n’ose même pas plus en parler parce que ça paraît
un peu tiré par les cheveux mais ça coulait de source). En un mot-indice
« Oxygène ». (Si quelqu’un trouve il est trop fort).
Grande conclusion : Je suis prête pour les six autres concours,
j’ai adoré. Ça c’est le positif. Le négatif : les autres étudiants étaient
tous des fils de. bien propres sur eux et ils m’ont fait très peur. Le grand
bilan : j’ai les jambes encore toutes tremblantes-fatiguées, et je n’ai
jamais autant voulu faire ce métier.


