Mon bouquet d'herbe.

Babsye

06 mai 2008

La disparue

C'est une période étrange. Une période que j'aime, à dire vrai. Quand le soleil chauffe mes épaules et que les margu'rites pointent leur nez. Pourtant cette période est associée aussi à de biens mauvais moments.

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16 avril 2008

Les murs blancs me manquent. Normalement, le printemps, le soleil, tout ça me donne des ailes. Là, rien. J’en viens à tirer les rideaux pour surtout ne pas les voir. Les murs de ma chambre sont blancs. Pourtant, ce ne sont pas les murs blancs. Ceux contre lesquels j’explosais ma tête jusqu’à tomber par terre. Ceux contre lesquels je me collais espérant disparaître suffisamment pour échapper au repas de dix-huit heures trente. Les rondes de nuit me manquent. L’odeur de clope de ma nuisette violette. Plonger ma tête dans la baignoire et savourer le silence. La peur des fous, des autres. Je voudrais redevenir folle. Je voudrais que G. me serre contre lui. Que celle dont j’ai oublié le nom me dise qu’on ne me donne pas plus de deux semaines. La vie là bas me manque. Ici, rien n’a de couleur, tout est blanc. Il n’y a pas de vie hors de leurs murs. Pas pour moi. Je me prends des claques. J’ai tout le temps mal. Je crève de mon imperfection. Je me sens partir. Il n’y a qu’entre leurs murs, il n’y a qu’enfermée que je me sens en vie.


22 mai 2007

Chaque jour porta son poids.

Ça n’avait pas commencé par un simple régime, non. Ça c’est ce qu’on dit aux femmes pour rassurer toutes celles qui rêvent de faire, un jour, une anorexie. Non, pardon, on dit d’ « être anorexique ». Cela a commencé par un profond dégoût. Un dégoût extrême d’elle-même. Au point de ne plus oser se regarder. D’être prête à sacrifier tout ce peu qu’elle possédait au nom d’une perte de poids. Qu’elle ne mesurait pas. Mais qu’elle pesa, jour après jour.

 

Sans y croire.

Non, elle ne se voyait pas « obèse ». Même si elle disait l’être. Je crois qu’elle savait qu’elle serait toujours « trop ». Toujours visible, toujours trop là. Quelle honte c’était de sortir dans la rue et d’affronter les regards. Admiration et curiosité. Elle se demandait s’ils savaient, ces gens, qu’elle passait entre sept et quatorze heures de sa journée et de sa nuit debout face à ses chiottes à gerber la nourriture qu’elle ne portait même pas en elle. A vomir son eau. A vomir ses désirs, à vomir sa faim. Le savaient-ils ? Cette dame qui lui a dit récemment « ce que tu étais mince l’an dernier… » en un souffle, est-ce qu’elle peut seulement s’imaginer ?

Elle a guérit.

Le vingt deux mai deux-mille sept. Cela fait plus d’un an qu’elle est guérie. Et pourtant, vous savez. Pourtant elle a toujours cette faille. Elle continue d’entourer ses poignets de ses doigts. De vérifier la taille de ses cuisses. De ne savoir quelle taille essayer dans les boutiques. De regarder si son ombres à de grosses fesses. Elle se pèse, chaque matin. Et si ce n’était que chaque matin… Elle se pèse chaque soir…  Après des repas, parfois. Elle se tient en boule. Elle contracte et relache ses bras. Elle tâte la cellulite partout. Elle est son propre objet. Elle est guérie, oui. Qu’est-ce que cela veut dire, guérir ? Faire cinquante et un kilogrammes pour un mètre et soixante deux centimètres, cela suffit-il ?

Parfois elle pleure, encore.

Aujourd'hui

En une année, les choses ont déjà tellement changé, qu'il n'y a plus une once d'inquiétude.

Chères fées, si vous passez par ici, nous suggérions avec Claire un pic-nic' ce samedi midi. Si cela vous dit...tralalilouta. Bref, vous m'avez comprise.

*pensées*




Posté par Babsye à 11:31 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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