Mon bouquet d'herbe.

Babsye

24 mai 2008

La bête est morte.

J'écris actuellement sur un revenant. Eh oui, mon ordinateur m'a quittée cet après-midi. Je buvais du coca cola et du café (oui oui en même temps) et je pianotais et en plus de ça je parlais au téléphone avec mon_amoureux lorsque je lui ai dit "je vais te lire les horaires de la convocation!" et alors je me suis levée d'un bond et ai donné un bon gros coup de pied dans mon verre de coca qui a échoué sur mon clavier d'ordinateur. Noir Désir s'est arrêté de chanter d'un coup et l'écran est devenu noir. Alors j'ai dit "euh je te rappelle je viens de faire quelque chose de très grave". J'ai saisi la bête, je l'ai retournée et j'ai commencé un massage cardiaque au milieu de ma chambre. Le coca lui est sorti de tous les côtés. Puis j'ai couru à la salle de bain et Mr le sèche cheveux qui m'a aidé à le sortir du coma. Là bien sûr ma coloc' est entrée dans la salle de bain m'a dit "Merde! que se passe-t-il?". Je lui ai expliqué et elle m'a dit : "putain ça pue!". Et j'ai dit "hein bein non c'est pas ça pue, c'est que ca s'allume plus". Et j'ai appris que "ca pue" c'était une expression (oui-oui). Au moins, j'aurais appris un truc aujourd'hui. L'ordinateur ne s'allumait pas alors j'ai bipé mon_amoureux et je lui ai dit que j'allais me suicider. Oui parce qu'en fait pour résumer le meurtre de mon ordinateur c'était le meurtre de onze mois de travail. J'ai répété cinquante fois "j'ai tout perdu... j'ai tout perdu... j'ai tout perdu...". Et puis soudainement la bête s'est allumée. Alors j'ai raccroché. Sauf que fausse alerte la chose faisait n'importe quoi. Et pis voilà que depuis 10 minutes ça marche alors j'en profite pour être à ses côtés dans cette dure épreuve. Il n'empêche que le coca c'est hyper efficace, il avait jamais été aussi propre le petit enfant).
A part ça, j'ai cassé absolument toute ma vaisselle en l'espace de deux semaines et j'ai cassé aussi les verres que j'avais racheté pour remplacé ceux que je venais de casser. J'ai également fait tomber mes lunettes en allant au code ce matin et je ne les ai pas retrouvées. Donc j'ai un ordi à moitié mort, plus de lunettes (un désastre pour les concours), plus de verre (et un de moins encore depuis cet après-midi). J'étais tellement desespérée cet après-midi que j'ai nettoyé toute la cuisine à Nanterre.

 

Enfin... me voilà à Grenoble et tout ce que je me demande c'est si je vais au concert à Paul Mistral lundi soir (la veille de mon concours) ou si, si j'y vais je culpabiliserai toute ma vie. :)

 

HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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21 mai 2008

Les fruits du bouquet.



Comme je sais que cela vous passionne, je vous apporte des nouvelles des tomates. Vous remarquerez que c'est une catastrophe, elles ne s'arrêtent plus de pousser. (et des bébés tomates ont fait leur apparition). Mais où vais-je caser les plans de melon? (*pensée à Claire*)

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L’expérience photographique

Je regarde Gilles et Gotscho qui s’embrassent. Je sais que l’un est Gilles, l’autre Gotscho. Mais je ne sais pas, sur l’image, qui sont chacun de ces individus. Je sais que Gilles va mourir. Je regarde la photo et je me dis « il va mourir ». Je pense à Barthes qui avait soulevé ce paradoxe entre la photo passée, la photo présente, la photo future. Parce que comme le condamné à mourir de Barthes, je sais que Gilles va mourir, je sais qu’il est mort. Et au présent, je sais que ce moment a existé. Aussi, je sais qu’il savait qu’il allait mourir. Mais voilà, je ne sais pas qui est Gilles. Deux hommes.

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Gilles et Gotscho en train de s’embrasser, Paris, France, 1992

Cette photo me trouble en raison des deux hommes cartonnés qui se trouvent dans le fond. La scène est intense et cette chose derrière, cet objet « incongru » – car il me semble que ce ne sont pas de vrais hommes, dans le fond – rappelle comme la vie est absurde. Au premier plan, ils s’embrassent, ils savent qu’ils vont se perdre ; ils se sont perdus. Et moi tout ce que je cherche à savoir, c’est lequel va vivre ; lequel a vécu.

La petite cuillère posée à côté du café, la pile de livre, la montre waterproof. Tout cela me ramène à un quotidien que je connais bien. Mais l’espace n’est pas celui d’un quotidien. Il n’y a rien. Des murs blancs, épurés. Seuls des hommes cartonnés entourent encore le couple. Je n’arrive pas à quitter des yeux ce débardeur bleu, que porte Gilles ou Gotscho. Je me demande pourquoi il porte quelque chose de si petit pour lui. Ce petit haut pour femme contraste avec sa nuque charnue. La photographie est désespérée ; les deux hommes, entiers, sont pris dans une incongruité ; tout semble falsifié, et pourtant, eux, sont bien là, vivants. Encore vivants.

Je tourne la page et me prends de pleine face le visage creusé de Gilles. Maintenant, ces deux hommes ont un nom. Je sais qui est Gilles, et d’apprendre qu’il est Gilles et qu’il est mort, me bouleverse. Je referme le livre. Je me répète : il est mort. Ils s’embrassent, encore. Mais cette fois, l’un est faible, l’autre fort. Gilles est allongé, sur le dos. Ses yeux sont mi-clos. On ne sait s’il n’a plus la force pour les garder ouverts ou fermés. Sa maigreur contraste avec les couleurs de son tee-shirt. Ces couleurs, pourtant criarde, laissent un parfum de mort à la photographie. Le cou de Gilles, flottant dans le col de son tee-shirt me bouleverse. Il n’y a plus de chaire. Il n’y a déjà plus de vie. Pourtant, on sent la force de son visage, contracté. Celui-ci contraste avec la douceur de Gotscho. Ce dernier est penché au dessus de son ami et l’embrasse entre le nez et l’œil ; l’un des seul endroit où Gilles n’a pas la peau tendue contre les os. Les draps sont blanc, et on peine à différencier le tee-shirt de Gilles des draps immaculés. Il ne reste que ce visage creusé. Le corps a déjà disparu, fondu ; le corps est pris dans l’immaculé.


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Gotscho embrassant Gilles, Paris, France, 1993

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09 mai 2008

Si vous me cherchez,

je suis là.


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Difficile de tout gérer, tellement de travail impossible à accumuler (la pille devient trop vite trop haute), que le bloug se meurt. Si je rate tous mes concours, j'aurais l'occasion de revenir prendre soin de lui puisque je m'envolerais alors vers un pays plus que très lointain avec pour seul objectif de me repréparer une année et de renouer avec mes bics. Je n'avais jamais passé une année en écrivant si peu (que ce soit pour le bloug ou pour le seul ordi) ; Paris m'a broyé le cerveau. Tout semble là et il n'y a alors plus rien à imaginer.


(mes tomates vous saluent)

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06 mai 2008

La disparue

C'est une période étrange. Une période que j'aime, à dire vrai. Quand le soleil chauffe mes épaules et que les margu'rites pointent leur nez. Pourtant cette période est associée aussi à de biens mauvais moments.

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16 avril 2008

Les murs blancs me manquent. Normalement, le printemps, le soleil, tout ça me donne des ailes. Là, rien. J’en viens à tirer les rideaux pour surtout ne pas les voir. Les murs de ma chambre sont blancs. Pourtant, ce ne sont pas les murs blancs. Ceux contre lesquels j’explosais ma tête jusqu’à tomber par terre. Ceux contre lesquels je me collais espérant disparaître suffisamment pour échapper au repas de dix-huit heures trente. Les rondes de nuit me manquent. L’odeur de clope de ma nuisette violette. Plonger ma tête dans la baignoire et savourer le silence. La peur des fous, des autres. Je voudrais redevenir folle. Je voudrais que G. me serre contre lui. Que celle dont j’ai oublié le nom me dise qu’on ne me donne pas plus de deux semaines. La vie là bas me manque. Ici, rien n’a de couleur, tout est blanc. Il n’y a pas de vie hors de leurs murs. Pas pour moi. Je me prends des claques. J’ai tout le temps mal. Je crève de mon imperfection. Je me sens partir. Il n’y a qu’entre leurs murs, il n’y a qu’enfermée que je me sens en vie.


22 mai 2007

Chaque jour porta son poids.

Ça n’avait pas commencé par un simple régime, non. Ça c’est ce qu’on dit aux femmes pour rassurer toutes celles qui rêvent de faire, un jour, une anorexie. Non, pardon, on dit d’ « être anorexique ». Cela a commencé par un profond dégoût. Un dégoût extrême d’elle-même. Au point de ne plus oser se regarder. D’être prête à sacrifier tout ce peu qu’elle possédait au nom d’une perte de poids. Qu’elle ne mesurait pas. Mais qu’elle pesa, jour après jour.

 

Sans y croire.

Non, elle ne se voyait pas « obèse ». Même si elle disait l’être. Je crois qu’elle savait qu’elle serait toujours « trop ». Toujours visible, toujours trop là. Quelle honte c’était de sortir dans la rue et d’affronter les regards. Admiration et curiosité. Elle se demandait s’ils savaient, ces gens, qu’elle passait entre sept et quatorze heures de sa journée et de sa nuit debout face à ses chiottes à gerber la nourriture qu’elle ne portait même pas en elle. A vomir son eau. A vomir ses désirs, à vomir sa faim. Le savaient-ils ? Cette dame qui lui a dit récemment « ce que tu étais mince l’an dernier… » en un souffle, est-ce qu’elle peut seulement s’imaginer ?

Elle a guérit.

Le vingt deux mai deux-mille sept. Cela fait plus d’un an qu’elle est guérie. Et pourtant, vous savez. Pourtant elle a toujours cette faille. Elle continue d’entourer ses poignets de ses doigts. De vérifier la taille de ses cuisses. De ne savoir quelle taille essayer dans les boutiques. De regarder si son ombres à de grosses fesses. Elle se pèse, chaque matin. Et si ce n’était que chaque matin… Elle se pèse chaque soir…  Après des repas, parfois. Elle se tient en boule. Elle contracte et relache ses bras. Elle tâte la cellulite partout. Elle est son propre objet. Elle est guérie, oui. Qu’est-ce que cela veut dire, guérir ? Faire cinquante et un kilogrammes pour un mètre et soixante deux centimètres, cela suffit-il ?

Parfois elle pleure, encore.

Aujourd'hui

En une année, les choses ont déjà tellement changé, qu'il n'y a plus une once d'inquiétude.

Chères fées, si vous passez par ici, nous suggérions avec Claire un pic-nic' ce samedi midi. Si cela vous dit...tralalilouta. Bref, vous m'avez comprise.

*pensées*




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