Mon bouquet d'herbe.

Babsye

05 juillet 2008

Le tunnel d'or

L’exercice s’annonce plus que périlleux. Nous sommes le vendredi quatre juillet. Ou plutôt le cinq car il est très exactement une heure et trente-huit minutes. C’est quasiment une semaine qui s’est écoulée depuis lundi. Pour moi, une affreuse, douloureuse et longue journée. Je vais tenter de me l’écrire. Car je crois que cette semaine est une pièce de plus à la pyramide des traumatismes que je me suis infligés en seulement vingt petites années. Des souvenirs me font rire. D’autres me tordent le ventre. Par conséquent, ces quelques mots n’auront pas de ton. Je n’ai pas envie de faire rire. Et je crois que la situation ne s’y prête pas. J’ai pleuré, j’ai fait pleurer des gens. Malgré cela ma grande créativité m’emmène à faire des choses stupides dont parfois on ne peut que rire. Le stade du désespoir étant dépassé.

Je me souviens de cette journée de lundi. Je sais que j’ai quitté tôt le travail. Chargée comme une mule. J’ai filé au code et je n’ai fait que deux fautes. Je devais voir mon meilleur ami ce soir là mais je crois que nous nous étions disputés. Je lui avais dit que je ne souhaitais plus jamais le voir. Ça y est oui, je me souviens. Comme quoi cela revient petit à petit. Il me faudra revenir à samedi. Il y a presque une semaine. Nous étions dans un bar. Des gays hurlaient leur bonheur, moi je buvais ma tristesse. Mon ami m’a plantée assez rapidement. Il avait des personnes plus intéressantes à voir. J’ai sorti mon carnet et j’ai écrit une nouvelle. Sans doute nulle car j’étais bourrée et ne l’ai pas relue depuis. Histoire de préserver un minimum l’estime que je peux me porter. Enfin. Il y avait un vieux à côté de moi. Il s’enchaînait les verres. J’étais plutôt impressionnée et prête à écrire une nouvelle juste sur lui. A un moment il s’est endormi. Il a renversé la table et son énième verre de vin est tombé à mes pieds. Comme les choses matérielles m’importent peu je n’ai même pas relevé. J’ai retenu la note par contre. Trente-neuf euros. Je me suis demandé combien de verres il s’était envoyé pour payer si cher dans un pauvre bistro miteux. Ah oui car il faut savoir que si je suis adepte de café sympathique et avec ambiance, mon cher ex-meilleur ami lui préfère ces lieux débauchés. En l’occurrence j’étais seule ; atmosphère super. Une nana m’a taxé des clopes j’ai pas su dire non. Et puis j’ai fini par partir. Je suis rentrée à l’appartement, je me suis déshabillée. Allongée. Puis ai couru toute de peau vêtue jusqu’aux toilettes vomir mes tripes. Persuadée que vu l’heure pas si tardive (vingt-trois heures trente minutes) la colocataire était encore à son concert de jazz. Erreur. Par bonheur elle m’a avoué le lendemain matin avoir hésité à venir me soutenir psychologiquement avant de renoncer en se disant que peut-être que la solitude est de meilleure compagnie dans ces difficiles moments. Bref la journée de dimanche a été ponctuée par une immense solitude. Du genre j’habite une ville de dix millions d’habitants et je suis seule le jour du seigneur. J’aurais dû être croyante au moins j’aurais pu m’inventer une famille le dimanche. Le genre de famille présente dans toutes les villes en plus. Non j’ai passé mon dimanche à ruminer sur ma vie minable, mes concours ratés, ma solitude sentimentale, la froideur de mon ex-meilleur ami. Mais revenons à ce lundi soir. Je devais voir mon ex-meilleur ami qui, prenant acte de la fin de notre amitié pour cause de sa froideur excessive et de son monologue interminable sur ses aventures sentimentales, avait changé ses plans. Pardonné. C’est un peu mon côté girouette. Je te déteste ; on se voit quoi.

Lundi soir. Je rentre chez moi. Là je ne sais pas trop ce que je fais. Si je me souviens. J’appelle mon cher ami. Je lui dis que je vais très mal, que j’ai besoin de lui. Il me dit qu’il ne peut pas être là qu’il a des affaires à régler. Je le supplies. Bon ça, ça ne me ressemble pas beaucoup. Mademoiselle je suis hyper indépendante j’ai besoin de personne ne supplie pas souvent. Je lui demande si je peux venir. Non. La tête me tourne. Les échecs, le vide, personne à qui appeler, ces années de perdues entre les pathologies, cette putain de solitude surtout. J’ouvre ma boîte à sucre. Vous savez, ces boîtes hyper sophistiquées et très design. J’ai la boîte à beauté remplie de paperasse, la boîte à spaghetti remplie de stylo, et la boîte à sucre remplie de médocs. Il faut croire que mon esprit est aussi rangé que mes boîtes. Et là la grande découverte : Lysanxia. Un nom en « y », c’est forcément un anxio. Dans le doute je cherche partout une notice. Et alors là c’est comme renouer avec de vieux amis. Du genre que j’avais pas côtoyés depuis un voire deux ans. Benzodiazépine, dépendance, sevrage. Ça veut juste dire que c’est du solide. Boîte pleine. Allons-y trois par trois. Puis six par six. Puis la fin de la deuxième plaquette. Surtout ne pas vomir. En quelques heures, je sombre.

Tout est très flou et pourtant des détails cons sont bien présents dans ma tête. A 12h49 mon portable a sonné. Mon ex-meilleur ami. Je sais plus trop ce qu’il voulait savoir. Je panique ; je suis censée être au boulot. J’appelle en catastrophe et raconte que j’ai une gastro. Après, j’en sais rien. Je me souviens que je ne tenais pas debout. Je crois que c’est là que je suis partie chez mon ex-meilleur ami. Je sais pas avec quelle force je suis montée dans le RER puis le métro. Non, je n’en sais rien. Ok, je dois reprendre l’histoire ça ne colle pas. Putain j’arrive pas à aligner mes idées. Je n’ai pas dû prendre les cachets lundi. Mais mardi. Oui voilà, mardi. Lundi soir, si je me souviens bien j’ai discuté avec ma coloc’ jusqu’à tard. De mecs principalement. Oui voilà. Et c’est le mardi que j’ai gobé. Mercredi, 12h49, la panique. Le RER, le métro. J’atterri chez mon ex-meilleur ami. J’sais pas trop à quoi il joue il me sert dans ses bras. Moi j’ai juste envie de vomir. Je sais qu’on a baisé et je sais qu’il a tenu mes cheveux pendant que je gerbais. Je ne me souviens juste plus de l’ordre de tout ça. Il m’a demandé si c’était pour me détruire un peu plus, et je lui ai dit que non, j’en avais envie. Une dernière fois. Je crois que nous avions déjà décidé de ne plus nous voir. Nous étions mercredi et j’avais rendez-vous avec ma belle Malak. Alors je lui ai envoyé un message. D’abord pour annuler. Ce qui est bien c’est qu’un portable ça stock tout.

2 juillet, 15h57 : « Aiwpri bcp medocwune auTrn foisM"

La belle a cru que je lui écrivais en portugais. Je vous avoue avoir du mal moi-même à saisir ce langage. Surtout cet espèce de « wune » qui ne m’inspire pas grand chose.

2 juillet, 16h36 : « Jai avlé une boite danxy on remet ça ? »

Ma plus belle rencontre en cette année foireuse sur tous les autres points décide de débarquer. Mon ex-meilleur ami qui l’a eue au téléphone me prévient « elle veut que tu ailles à l’hôpital ». Scandale de gamine. Non je t’en supplie tu ne peux pas me faire ça, s’il te plait, pense à moi, je t’en supplie, pas ça, j’en peux plus je les connais par cœur, s’il te plait, s’il te plait.

Pitié Salpetrière.

Mr B. me dit qu’une seule personne peut rester, que Malak va rester avec moi. Je suis assise sur un siège et il y a trois flic en face de moi. Je vais voir l’un d’entre eux et je lui dis « bonjour monsieur excusez-moi, je vais vomir, je vais où ? ». Il ne m’a rien répondu. Ma grande nuit de solitude ne faisait que commencer. J’ai vomi un gâteau au chocolat que j’avais acheté avant d’aller chez mon ex meilleur ami. C’est incroyable, les choses me reviennent. J’avais 40 cachets de Lysanxia dans le bide et moi j’ai pris le métro, je suis allée acheter des petits gâteaux à la boulangerie puis suis allée baiser avec mon pote. J’ai des neurones qui doivent être mal connectées ce n’est pas possible. Enfin le gâteau était très bon mais il a fini dans un haricot en carton. (Malak, me pardonneras-tu un jour ?)

On m’allonge sur un lit devant l’accueil des urgences. Malak me parle. Puis on lui dit que ses cinq minutes sont finies. Mr B. entre, me parle. Je sais même plus ce qu’on s’est dit. Je sais juste que je chialais. J’avais peur de rester seule. Je me souviens juste que j’ai ris quand l’infirmière a dit à mon ex-meilleur ami « vos 5 minutes sont finies » et qu’il a répondu que c’était « comme à Fort Boyard ici ». Je sais pas si c’était l’effet shootée mais ça m’a fait rire.

Après je me suis retrouvée seule. Pour de bon cette fois.

Date 02/07/2008
Heure : 18:22
Conclusion médicale : Patiente de 20ans ayant fait une intoxication médicamenteuse volontaire.

Par chance je ne suis pas restée longtemps dans le couloir. On m’a installée dans une chambre. On m’a posée une perfusion. Après on a retiré mon tee-shirt et les infirmiers se sont interrogés sur l’utilité de me retirer mon soutien-gorge. Voilà le genre de détails bidons dont je me souviens. La dame m’a dégrafé mon soutien gorge en me mettant la blouse bleue devant le corps « je cache ». J’en avais rien à foutre de cacher, j’aurais pu me balader toute nue dans leur hôpital que ça n’aurait pas changé ma vie. D’ailleurs j’ai découvert longtemps après que lors de mes très très rares balades j’avais les fesses à l’air. Je l’ai compris en croisant une vieille qui avait créé un stratagème en coinçant un bout de tissu dans sa culotte cachant ainsi ses fesses. Bref j’ai trouvé ça très intéressant sur le moment. Il faut dire qu’il n’y avait pas grand chose d’intéressant, aussi.

Ils ont regardé mes pupilles. Puis m’ont posé des patchs sur le ventre, le dos et je ne sais où encore. Après je me souviens juste m’être ennuyée. Je tenais pas debout, mais j’ai attrapé ma perf’ roulante et j’ai déambulé. C’est là que j’ai découvert la stratégie de la mémé – et, par la même occasion que j’avais les fesses à l’air. Quelqu’un est venu me dire « ne vous inquiétez pas on ne vous a pas oublié, je laisse votre porte ouverte si vous voulez, mais retournez vous allonger. Effectivement peu de temps après une dame est entrée elle m’a dit « on vous garde cette nuit et ensuite on décide de vous transférer dans le service longue durée ». Le grand stress. Zéro réaction cependant. Remise à plus tard.

Mon petit carnet bleu et mon inséparable bic ont accompagné mes grands moments de désespoir.

« Mais qu’est-ce que je fous là ? Ça se bouscule dans ma tête. D’abord l’incompréhension. Et puis cette femme qui l’air de rien m’a dit « votre pronostique vital est engagé ». Putain. Moi qui en avais rêvé, pas là, pas maintenant, la tête pleine de projets, d’ailleurs. Un homme vient d’entrer. Pour faire l’inventaire comme ils disent. Le dépouillement plutôt. Prevoyante la peti… »

Un jeune mec fait son entrée. « Bonjour on va faire l’inventaire de vos affaires ». Ça je connais. J’ai quand même un CV d’hospitalisations plutôt respectable. Une bonne cliente. Alors j’attends qu’il prenne sa chaise, son plus beau stylo, qu’il me tourne le dos trois secondes et j’attrape mon sac à main et chope mon téléphone portable. Qu’il le fasse maintenant son inventaire. Il me retire ma carte bancaire, ma carte navigo, les quatre malheureux euros que j’avais sur moi, ma carte vitale et ma carte d’identité. Merde alors, je ne peux plus vider mon compte, acheter une maison, voyager en Europe, prendre le métro et acheter des clopes. Mon portable, planqué dans ma culotte, vibre. Je flippe à mort. Le mec ne s’en rend pas compte. Il m’abandonne.

02/07/2008
20:44
faire ECG, pose d’une voie, puis admission aux portes

02/0702008
21:46 bradycardie, pas de TDR, pas de TDC

Et puis c’est le grand débarquement. On me met dans un ascenseur. On me change de lit. On me rentre dans une chambre et on ferme la porte. Juste avant on me demande « vous voulez manger ? ». Je réponds oui. Comme je m’emmerde, je joue avec ma perf. Je suis persuadée que l’aiguille s’est cassée dans mon bras et que je vais mourir. Alors j’arrache le scotch, puis l’aiguille. Le sang perle, perle, perle, puis dégouline. Ma chambre n’est pas vraiment une chambre. D’ailleurs au dessus, c’est écrit « boxe n°125 ». Je suis dans un boxe. Qu’est-ce qu’un boxe ? C’est une pièce avec une poignée que d’un côté. Pas le miens bien entendu. Et puis avec une vitre gigantesque qui fait tout le mur. Genre le zoo ce soir là, c’est moi. Je tambourine à la vitre, une dame entre. Elle accepte de ne pas me remettre de perf. Entre temps, j’avais appuyé sur le bouton au dessus de mon lit pensant qu’un soignant surgirait. Alors un quart d’heure après un bonhomme entre et me dit « oui ? ». J’ai aucune idée de qui c’est. Il est habillé en vert, dans Urgences, ce sont les chirurgiens de mémoire. Alors je lui dis aussi « oui ? ». Il me demande si je l’ai appelé. Alors pour l’énième fois je demande à voir un docteur. Après tout je suis là pour ça. Non ? On me répond que le docteur doit faire le tour. Je lui demande s’il risque de passer vers trois heures du matin. Il me dit que oui bien sûr c’est possible. Je suis ra-vie. A trois heures du matin, défoncée, il me faudra tenir le discours le plus cohérent de toute ma vie pour ne pas rester 24h de plus dans cette chambre horrible.

On m’apporte mon plateau. Un des seuls mecs sympa de l’hôpital. Il me dit « vous allez voir, c’est infect mais ça rempli le ventre ». Je lui souris. Son plateau je l’avale en trente-six secondes. Je suis juste triste de laisser les deux abricots pas murs. Moi qui raffole des fruits. Je crève d’ennuie. J’envoie des textos incohérents. J’essaye de me souvenir quel jour on est. D’ailleurs à mon entrée une femme m’a posé deux questions pour savoir si j’étais cohérente.

« Mademoiselle où êtes-vous ? »
Fastoche, à côté de chez Mr B.
« Nous sommes à la Pitié Salpetrière. » Et pour faire ma maline j’ajoute « Dans le 13ème ».
Presque bluffée. Elle me demande ensuite « Et quel jour sommes-nous ? »
Je n’en ai aucune idée. Surtout, ne pas hésiter.
« Mercredi ».

Plus tard dans la nuit, cachée sous la couette au téléphone « dis, dis, on est quel jour ? mercredi ? ouf. »

Je commence à péter un cable. Je comprends que je ne verrai pas de docteur et je suis incapable de dormir sou des néons et observée derrière une vitre. Rappelons que je suis enfermée. J’attrape mon couteau en plastique (du repas) et commence à trifouiller la serrure pour l’ouvrir. Le bout du couteau reste coincé à l’intérieur. Je m’explose contre les vitre, un jeune homme arrive.

« Bonsoir. Pourriez-vous m’appelez un taxi s’il vous plait, je rentre chez moi."

03/07/2008
02:53
Va bien. Veut sortir contre avis médical. Dit ne pas avoir fait de TS.


Alors là je sens la tricherie de l’interne qui matait TF1 au lieu de bosser (soyez attentifs vous comprendrez)

03/07/2008
02:53

Dort…

Le matin fut tout aussi folklorique. On ne dirait pas comme ça, car je commence à reprendre mes esprits. Enfin il y a dix heures je m’évanouissais dans le métro. Mon cerveau ne tourne pas encore tout à fait correctement.

Extraits du carnet – sans heures.

« Quinzaine de minutes ; le psy devrait se décider à venir. Ah. C’est le moment pour peaufiner mon discours. Pourquoi je suis là, pourquoi je veux me casser immédiatement. Je me sens comme un animal de zoo sans public. Je tambourine contre des fenêtres mais ma porte reste close. Les infirmiers qui passent devant ne sont sûrement pas responsables du boxe n°125. Ecrit noir sur blanc sur mon mur au dessus du lit et devant la porte. Putain j’ai 20 ans qu’est-ce que je fous là. J’aurais pu crever et personne n’en aurait rien su. »

« Je me demande pourquoi la pièce est si grande et contient si peu de choses. Un lit, une table de chevet. Quinze mètres carrés. C’est pour avoir le choix des murs contre lesquels se frapper ? »

« « Oh, une petite TS ? »
Connasse.
« Non. »

Ils croient tous que j’ai voulu crever. J’ai pas voulu mourir. Je voulais dormir, juste dormir. J’ai croisé une dame dans le couloir. Elle m’a demandé dans quelle chambre j’étais. Je savais pas. Alors je l’ai amenée jusqu’à ma porte et elle a dit « oh, la cellule ! ». Super. Ai-je précisé qu’il n’y a aucune poignée du côté de ma pièce ? Rien. Je n’ai que mes paumes pour frapper contre cette vitre de trois mètres de long. J’ai pris tellement de plaisir à frapper contre que je me suis même remise à me frapper les articulations des poignets contre le sol. Putain deux ans que ça ne m’était pas arrivé. J’ai arrêté lorsque les veines se sont retrouvées toutes gonflées. N’abusons pas trop. C’est déjà assez pour vingt-quatre heures. »

« L’infirmier qui a pris mon plateau m’a demandé si j’avais besoin de quelque chose. J’ai demandé si je pouvais avoir une tisane. Il m’a dit qu’il n’avait pas ça ici. Ça m’a fait tout bizarre. Chez les enfants fous, la tisane c’est sacré. Il y a celle de midi, celle de seize heures, celle de vingt-trois heures. Voire même des extra parfois. »

C’est le 3 juillet, à 9h38 qu’un psychiatre s’est présenté à moi.

D’abord il m’a donné son nom et il m’a dit que tout le monde l’appelait un truc genre « dédé ». C’était une invitation à l’appeler Dédé, je précise. Genre on allait devenir pote. N’importe quoi.

Il m’a quand même posé 4 questions après avoir joué son rôle de mec cool qui a même un surnom tellement il a des potes que ses potes ils n’ont pas le temps de prononcer son nom en entier.

- Vous faites quoi dans la vie ?
- Et sentimentalement ?
- Vous avez quel âge ?
- Vous avez été suivie ?

En totale exclusivité, je terminerai ce récit qui me permettra à moi, de tourner la page à de nombreuses choses, par la conclusion de ce cher « Dédé ».

D’abord la mienne. (Extrait du carnet bleu)

« J’ai bredouillé un peu n’importe quoi. Genre que j’étudiais l’ « anthrologie ». Ça ne l’a pas surpris. Par contre il n’a pas compris pourquoi j’ai dit an-thro-po-lo-gie dans la phrase suivante. Cela fait treize heures que j’attends qu’on me rende mes fringues. En plus j’ai vu l’infirmier hier mettre en boule mon jeans dans un sac hier. Je vais avoir fière allure tiens. Hier soir, en rentrant à l’appart, j’avais acheté des fraises et réfléchis à ce que je pouvais cuisiner avec. A la place j’ai avalé 40 cachets. Pour chialer ma solitude. Quelques heures après, totalement défoncée je baisais avec M. B. dans un effort extrême de concentration pour ne pas vomir ou m’endormir. J’aurais mieux fait de faire une tarte. »

AVIS SPECIALISES
AVIS PSYCHIATRIQUE
Commentaires : 03/07/2008 
09 :38

Ce matin consciente cohérente normothymique souriante, pas de discours suicidaire, ATCD suivi à Grenoble de l’âge de 15 à 20 ans pour « dépression », ne prend plus de traitement, n’est plus suivie en psy ; à Paris depuis sept 2007 pour ses études de socio à Nanterre, n’aurait pas de souci majeur si ce n’est un épuisement car a présenté plusieurs concours pour ses études, et pas vraiment heureuse sentimentalement, l’abus de lysanxia hier s’inscrirait dans le cadre d’un besoin de « détendre » ; est pressée de rentrer chez elle car est actuellement en stage de journalisme, doit préparer une interview , pas d’indication à une HDT, sortante ce matin.

Je vous laisse apprécier les guillemets pour la dépression. Et le normothymique dont je n’ai toujours pas saisi le sens. Enfin bref, on s’en tape. Toi aussi devient psychiatre, met des guillemets quand tu comprends pas tout et emploie des mots compliqués quand tu veux te sentir bon.

Sur ce, il est 3h24, je vais dormir.

 

Posté par Babsye à 03:28 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Si besoin...

Chère Lara,
Je ne sais même pas si tu te souviens de moi.
Voilà une éternité que je ne t'ai plus écrit (au moins 2 ans je pense), sans doute par fuite de mon passé d'am contre lequel je lutte toujours pour ne pas replonger (1 an que je tiens plus ou moins). Malgré tout, je viens toujours sur ton blog une fois par semaine.
Ce que je viens de lire m'attriste vraiment. Je veux te dire que je pense très fort à toi. Lara, tu es une demoiselle que j'apprécie beaucoup. Si jamais tu as besoin de parler, si tu te sens seule n'hésite pas à m'envoyer un mail. De plus, je t'ai toujours en contact sur msn.
Je t'embrasse affectueusement.

Posté par Lully (Litchee), 05 juillet 2008 à 11:57

Si besoin...

Chère Lara,
Je ne sais même pas si tu te souviens de moi.
Voilà une éternité que je ne t'ai plus écrit (au moins 2 ans je pense), sans doute par fuite de mon passé d'am contre lequel je lutte toujours pour ne pas replonger (1 an que je tiens plus ou moins). Malgré tout, je viens toujours sur ton blog une fois par semaine.
Ce que je viens de lire m'attriste vraiment. Je veux te dire que je pense très fort à toi. Lara, tu es une demoiselle que j'apprécie beaucoup. Si jamais tu as besoin de parler, si tu te sens seule n'hésite pas à m'envoyer un mail. De plus, je t'ai toujours en contact sur msn.
Je t'embrasse affectueusement.

Posté par Lully (Litchee), 05 juillet 2008 à 12:16

Je ne sais pas trop comment commencer ...

Tu écris "Mademoiselle je suis hyper indépendante j’ai besoin de personne ne supplie pas souvent". Mais j'ai du mal à croire le "j'ai besoin de personne". J'ai l'impression que tu as peur d'avoir besoin des autres, ou honte, ou je ne sais pas.
Quand tu m'as dit pour tes concours, j'aurais voulu te parler, j'étais inquiète, pour toi. Mais tu ne voulais pas parler ... Alors j'aurais peut-être dû insister, sûrement même, je ne sais pas.

Je ne sais pas comment te dire ce que je voudrais dire. Si j'étais moins loin, je voudrais te dire que dans de telles situations, si tu m'appelais, je viendrais te voir sans réfléchir, pour que tu aies une présence. Même si te ne parles pas.

Tu es une personne que j'estime énormément Mam'zelle. Et qui a toute mon admiration. Et que j'aime, par amitié. Mais ces mots sont difficiles à te dire parce que j'ai souvent l'impression qu'ils te font peur. Tu es Grande, Lara. Tu es Grande pour ce que tu es. Pour la personne que tu es.

Je sais que la solitude fait mal. Que ces dernières semaines ont été éprouvantes pour toi. Et que tu n'aimes pas parler facilement dans ces moments. Mais essayer, des fois ne serait-ce qu'esayer de le faire, ça soulage. Tu ne décevras pas les autres en le faisant. Et tu ne cours pas de risques.

Fais attention à toi ma belle ... J'aimerais être moins loin, mais même si je ne suis pas à côté, je suis là, si tu le veux, et si tu as besoin ...

J'tembrasse,
H.

Posté par lenouche, 05 juillet 2008 à 22:12

Lara, j'ai appris et j'ai eu peur! Ménage toi, pose toi, prends le temps de faire le point. Tu en as peut être trop fait cette année! Tu sais chez qui frapper! as tu une adresse postale où je puisse t'écrire?

Posté par Lisanka, 05 juillet 2008 à 23:02

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